Caraquet exige le congédiement du PDG du Réseau Vitalité

À tout seigneur, tout honneur. Malgré la volte-face du premier ministre qui a annulé la réforme en santé dimanche, la Ville de Caraquet a été la première municipalité de la Péninsule acadienne à voter une résolution exigeant le congédiement du PDG du Réseau Vitalité, Gilles Lanteigne.

Caraquet était l’une des six communautés rurales de la province dont l’hôpital voyait l’urgence fermée de nuit dans le plan d’action du ministère de la Santé.

Un vote majoritaire a permis d’endosser la résolution, mardi midi, pendant une réunion extraordinaire de la ville. Seule la conseillère Mariette Paulin s’y est opposée. Elle juge que M. Lanteigne n’a été qu’un pion dans toute cette histoire.

Un autre conseiller, Rosaire Labrie, a suggéré à ses collègues d’adopter une motion de blâme contre le ministre Hugh Flemming.

«Il nous haï, point!», s’est-il prononcé avant le vote.

Jeudi, la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne a dénoncé les intentions du gouvernement Higgs dans le dossier de la santé. Elle a demandé à ses municipalités membres d’adopter la résolution dans les plus brefs délais.

Et même si Fredericton a mis un frein à cette réforme, le maire de Caraquet, Kevin Haché, croit qu’il est désormais impossible de créer un climat de confiance avec le PDG de Vitalité.

«Notre conseil veut lancer un message clair au gouvernement Higgs, soit que notre confiance envers M. Lanteigne n’est plus là. Si nous voulons continuer à travailler avec le Réseau Vitalité, nous aurions de la misère à collaborer avec le PDG actuel. Plus que jamais, cette résolution est pertinente. Quand le gouvernement dit qu’il veut consulter la population et les médecins sur la santé, ce serait difficile de travailler avec quelqu’un qui nous a proposé ce projet. Si nous voulons débuter une discussion franche et entière, ça nous prend quelqu’un de nouveau, quelqu’un qui n’a pas cette idée de réforme derrière la tête», a-t-il expliqué.

M. Haché a continué en se demandant pourquoi Gilles Lanteigne ne s’est pas opposé aux directives du ministre de la Santé. Selon le maire, le PDG de Vitalité devait savoir que ce plan ne fonctionnerait pas et ne serait pas accepté par les communautés touchées.

«Si le gouvernement demande de faire quelque chose qui met la population en danger, c’est au PDG de lui dire que ça ne fonctionnera pas. M. Lanteigne aurait pu faire connaître ses objections», pense le maire de Caraquet, qui a souligné l’appui des membres du conseil d’administration qui ont voté contre cette réforme.

La résolution de la CSR-Péninsule acadienne mentionne que la décision du PDG de Vitalité de fermer partiellement l’urgence à l’hôpital de Caraquet est considérée «comme une attaque envers les régions rurales». Elle dénonce aussi le fait que les intervenants en santé n’ont pas été consultés et que les risques auprès de la population n’ont pas été pris en considération.

«Les représentants des communautés ont perdu confiance en la capacité du PDG du Réseau de santé Vitalité d’assurer la sécurité des résidents de la Péninsule acadienne à travers la prestation des services de santé», peut-on lire également.

Mardi soir, le village de Bertrand doit également voter sur cette résolution, alors que la Municipalité régionale de Tracadie se penchera sur cette question mercredi, en réunion extraordinaire.

Lundi, près d’un millier de personnes ont marché devant le centre hospitalier de Caraquet en opposition au projet de réforme en santé.