Le risque de pénurie de propane augmente

Ce n’est plus qu’une question de jours. La présidente de l’Association canadienne du propane, Nathalie St-Pierre prévient que le gaz pourrait manquer au Nouveau-Brunswick si le trafic ferroviaire reste bloqué à cause des manifestations autochtones.

Les fournisseurs de propane rationnent déjà leurs clients, selon la porte-parole.

«Nous donnons la priorité à ceux qui en ont besoin pour le chauffage, précise-t-elle. Nous avons demandé aux industriels qui le peuvent d’utiliser une autre source d’énergie.»

Le secteur résidentiel utilise 12% du propane consommé au Nouveau-Brunswick, d’après un rapport du Conference Board of Canada de janvier 2019. Les commerces et les industries se partagent le reste à parts presque égales.

«Le transport routier est dans l’impossibilité de remplacer complètement les trains, prévient le directeur de l’Association du camionnage des provinces de l’Atlantique, Jean-Marc Picard. Il faut trois camions pour remplir un wagon.»

Il souligne que les entreprises de transport routier n’ont pas acheté d’équipement ni effectué d’embauches pour répondre à cette augmentation imprévue de leur activité. Il rappelle aussi que les chauffeurs ne peuvent pas dépasser un certain nombre d’heures de conduite quotidiennes.

Il indique en outre que d’autres produits que le propane font partie des urgences. Le groupe d’intérêt Food & Consumer Products of Canada s’est notamment inquiété de possibles pénuries de produits hygiénique et sanitaire. «On va continuer à faire ce qu’on peut», affirme-t-il néanmoins M. Picard.

«Les quantités de propane que les camions transportent ne sont vraiment pas significatives, s’exclame Mme St-Pierre. Le gouvernement doit s’engager davantage dans le dialogue et demander que le blocus soit levé.»

Le mouvement de contestation autochtone prend son origine en Colombie-Britannique. Des membres de la Première Nation Wet’suwet’en se mobilisent contre un projet de gazoduc, le Coastal GasLink, qui doit traverser leurs terres ancestrales.

La compagnie a signé des accords avec des conseils de bandes élus le long du tracé de son pipeline. Cependant, les chefs héréditaires traditionalistes Wet’suwet’en (non élus) remettent en question ce processus.

D’autres Premières Nations d’Ontario et du Québec ont bloqué les voies ferrées en signe de solidarité.