Au tour d’Égalité santé en français de désavouer Gilles Lanteigne

Les membres du conseil d’administration d’Égalité santé en français demandent le départ du PDG du réseau de santé francophone Vitalité, Gilles Lanteigne. Ils ont perdu confiance en lui à la suite de son plan de fermeture de six services d’urgence nocturnes en milieu rural.

Les représentants régionaux du groupe de pression ont tiré cette conclusion après leur réunion du 17 février. Ils réclament également la démission de la présidente du conseil d’administration de Vitalité, Michelyne Paulin.

«M. Lanteigne représente très mal la communauté francophone du Nouveau-Brunswick, accuse le président d’Égalité santé en français, Hubert Dupuis. Il doit consulter la communauté, les médecins et les travailleurs en santé. Or, il a manqué à son devoir. Si c’était pour un détail, ce serait pardonnable, mais là, c’était pour un changement majeur.»

«Le Réseau consulte la population pour identifier ses besoins de santé, ses besoins en services de santé, les priorités dans la prestation de services de santé», s’est pourtant engagée Vitalité dans une politique publiée sur son site internet.

Critiques sur la gestion

M. Dupuis juge aussi que M. Lanteigne a mal géré les multiples crises qui secouent son réseau de santé depuis deux ans, causées surtout par des difficultés de recrutement.

«Tout ceci était prévisible et pouvait être amélioré, s’exclame-t-il. On ne peut pas continuer avec ce monsieur-là qui n’a pas la capacité de collaborer et de trouver des solutions durables. Il ne fait pas du bon travail, alors qu’il s’en aille!»

Le docteur avance par ailleurs que Mme Paulin a omis d’informer son conseil d’administration (CA) du plan de fermeture de six services d’urgence nocturnes en milieu rural. Une source informée du dossier a confirmé l’information. Pourtant, le CA de Vitalité a le mandat de développer les grandes orientations stratégiques ainsi que les plans de santé et d’affaires à long terme du réseau de santé.

C.A. silencieux

Deux membres du C.A., élus par la population, ont refusé de commenter l’affaire, de peur de perdre leur poste. Ils ont en effet dû signer un code de conduite les interdisant de prendre la parole publiquement sans autorisation.

«On nous dit qu’ils sont muselés, s’indigne M. Dupuis. Ce n’est pas normal que des élus ne se prononcent pas.»

M. Lanteigne et Mme Paulin ont annoncé qu’ils refusaient de démissionner.

«Je pense qu’il faut faire le débat des idées et non celui des individus, a déclaré le PDG de Vitalité. Il y a de l’émotion dans l’air, mais quand elle finira par tomber nous commencerons à trouver des solutions.»

Mme Paulin a répété cette opinion.

«Mon conseil a pleinement confiance dans les compétences de M. Lanteigne», a-t-elle ajouté.

D’autres appels au départ

Outre le processus de prise de décision à l’intérieur de Vitalité, M. Dupuis critique la mesure en elle-même – que le gouvernement a mise en suspens depuis, le temps d’effectuer des consultations publiques.

«C’est un plan néfaste pour le système de santé, qui peut mettre des vies en péril», estime-t-il.

M. Lanteigne a dû encaisser d’autres appels au départ. La Ville de Caraquet a voté une résolution exigeant son congédiement. La Commission de services régionaux (CSR) de Kent met aux votes une résolution en ce sens.

Il y a un an, M. Dupuis a déjà qualifié de catastrophique la gestion du réseau de santé Vitalité, mais sans aller jusqu’à demander la démission de M. Lanteigne. Il avait demandé une décentralisation des prises de décisions.