Appels au congédiement du PDG de Vitalité: Lamèque fait bande à part

La Ville de Lamèque a choisi de ne pas suivre le mouvement des autres municipalités de la Péninsule acadienne qui exigent le congédiement du PDG du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne.

Un vote unanime contre la résolution de la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne a clos un court débat sur cette proposition, mardi soir, à la réunion mensuelle du conseil municipal lamèquois.

Si les élus se sont montrés unanimes à dénoncer toute tentative de compressions dans les services de santé de la région, ils estiment que cette décision de mettre à la porte M. Lanteigne revient davantage au ministre de la Santé, Hugh Flemming.

Ils soutiennent aussi que la réforme impopulaire qui a ensuite été annulée par le premier ministre Blaine Higgs est davantage une responsabilité gouvernementale à Fredericton.

Le maire de Lamèque, Jules Haché, amènera la position de sa ville à la réunion extraordinaire de la CSR-PA, prévue jeudi soir à Paquetville.

«On a discuté et nous avons pris position. Nos élus ne sont pas à l’aise avec la résolution de la CSR-PA. Trouver une victime pour trouver une victime… Que fait-on après? M. Lanteigne a un patron qui lui dit avec quoi travailler. Si nous ne sommes pas contents, il faut aller voir son patron. Quand le ministre Robert Gauvin a démissionné, j’ai retenu sa phrase où il dit que c’est une atteinte à la ruralité. Donc, ça dépasse la fermeture des urgences de nuit. On peut dire au gouvernement que ça va faire. On est capable de lui dire ce que l’on veut et que nous sommes prêts à nous engager. Il y aura des consultations et nous serons des participants. Mais se frapper dans les mains et se réjouir qu’il y ait une victime?», a-t-il expliqué.

M. Haché s’attend évidemment à des réactions autour de la table de la CSR-PA, jeudi. Pour l’instant, sa municipalité est la seule à s’opposer à la résolution, mais il soutient que d’autres représentants pensent la même chose qu’à Lamèque.

«J’aime aller voir plus large qu’un élément dans l’engrenage. Et si des gens nous disent que Lamèque n’est pas concernée par ce qui se passe à Caraquet, nous leur répondrons. Il arrive que nous ne soyons pas tous d’accord. Notre point de vue est légitime», analyse l’élu.

Maire de Bertrand et initiateur de la résolution, Yvon Godin respecte pleinement la position de Lamèque dans ce dossier. Il trouve que cette divergence d’opinions est saine dans le modèle démocratique.

Et même si cette proposition n’obtiendra pas un appui unanime, elle est encore tout à fait valable, évalue-t-il.

«C’est arrivé dans la CSR-Kent, où deux représentants se sont opposés, et je trouve ça correct. C’est ça, la démocratie. Demander que l’on congédie quelqu’un n’est pas propre aux Acadiens. Parfois, les émotions prennent le dessus. Ce n’est pas facile. On s’attend à un vote partagé autour de la CSR-PA et c’est tout à fait normal. On s’y attendait», a-t-il signalé.

Cependant, et avec les propos émis par Norma McGraw, qui vient de démissionner de son poste élu au sein du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité, M. Godin demeure convaincu plus que jamais qu’il n’est plus possible de travailler avec M. Lanteigne.