Comment faciliter l’accès aux médecins de famille?

Au Nouveau-Brunswick, il demeure souvent difficile de décrocher un rendez-vous chez son médecin de famille. Un groupe d’étudiants de l’Université de Moncton s’est mis en quête de solutions pour faciliter l’accès aux soins de santé primaires.

Si plus de neuf Néo-Brunswickois sur dix ont un médecin de famille, l’accès à un fournisseur de soins en temps opportun reste déficient.

Selon un sondage effectué par le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick en 2017, seulement 55,8% des répondants pouvaient obtenir un rendez-vous avec leur médecin de famille dans les cinq jours.

Une partie d’entre eux doivent donc se tourner vers le service d’urgence.

«Ces visites non nécessaires ont des effets sur le temps d’attente, la qualité des soins reçus et les coûts pour le système de santé», souligne Reem Fayyad, analyste au CSNB.

Iva Bien-Aimé, Éric Boutot et Véronique Manuel, tous trois étudiants à la maîtrise en gestion des services de santé de l’Université de Moncton, ont décidé de partir à la rencontre des médecins de famille et des infirmières praticiennes pour tenter de remédier à cette accessibilité à géométrie variable.

Leur projet de recherche mené en collaboration avec le Conseil de la Santé, doit permettre d’offrir aux fournisseurs de soins des pistes pour améliorer leurs pratiques organisationnelles et l’allocation des ressources.

La recherche se concentre sur les régions francophones, notamment Edmundston, Kedgwick, Shippagan, Grand-Sault et Tracadie qui figurent en queue de peloton en matière d’accessibilité aux soins en temps opportun.

En questionnant les professionnels, les étudiants tentent de déterminer combien font partie d’une équipe de médecine familiale ou collaborent pour accommoder les patients, s’ils évaluent ou non leur performance, et comment ils utilisent les nouvelles technologies pour échanger des informations avec le patient ou d’autres médecins.

Premier constat, bon nombre de cabinets sont très difficiles à joindre. Autre problème, le carnet d’adresses disponible sur le site du gouvernement provincial ne semble pas à jour.

«Certains médecins listés ne sont plus en fonction depuis des années. En visitant les régions, nous avons identifié des cabinets un peu partout qui ne faisaient pas partie de nos listes», mentionne Éric Boutot.

Le travail préliminaire des étudiants leur a également permis de constater que les besoins en matière de santé primaire ne sont pas nécessairement bien évalués. Un recours plus important aux infirmières praticiennes fait partie de leur réflexion.

La façon dont le cabinet gère ses rendez-vous, les horaires des cabinets comme le mode de rémunération sont aussi des facteurs à considérer, explique Véronique Manuel.

«Le paiement à l’acte peut inciter le professionnel à traiter plus de patients mais peut aussi causer le phénomène  »Un problème, une visite ». La rémunération par patient peut motiver les médecins à favoriser les patients moins complexes, tandis que la rémunération à salaire fixe peut être efficace dans les régions éloignées où il est difficile d’attirer les médecins.»

À travers la province, seulement 16% des cabinets proposent des heures prolongées après 17h ou pendant les fins de semaine.

«C’est un problème pour les patients qui ne peuvent s’absenter du travail ou de l’école», souligne Mme Manuel.

Le rapport sera devrait être terminé en avril. Il sera transmis au Conseil de la Santé, au ministère de la Santé ainsi qu’aux régies Horizon et Vitalité.