Quand jeunes et moins jeunes se côtoient grâce à la peinture

Jeunes et moins jeunes ont uni leurs talents artistiques afin de créer une murale communautaire à Beresford. Le projet, organisé par le comité de développement culturel de la ville, visait à favoriser les rencontres intergénérationnelles et mettre en valeur l’histoire de la petite ville côtière.

Les huit grands tableaux qui constituent la murale reposent actuellement dans l’atelier de Carole Bherer, une artiste originaire de Bathurst.

En juin, ils seront affichée à l’intérieur de l’Écomarché à Beresford, mais jusque là, l’artiste y ajoute les derniers détails.

Mme Bherer a été embauchée, il y a quelques mois, afin de guider 36 participants dans la réalisation du projet.

Depuis, elle a tenu six ateliers de formation, lors desquels des gens de la communauté ont pu apprendre et mettre en pratique de nouvelles techniques de peinture.

«Mon objectif, lorsque j’offre des ateliers, c’est toujours de rendre l’art accessible à tous», a témoigné l’artiste, lundi matin.

«Dans ce cas-ci, c’était encore plus intéressant pour moi parce que j’ai eu la chance d’enseigner à des gens d’âges mixtes en même temps.»

Les artistes qui ont participé au projet étaient âgés d’environ 9 à 70 ans.

Mme Bherer fait remarquer que chacun a amené des saveur différentes à l’oeuvre.

Fierté et appartenance

Sur un des tableaux, on aperçoit un grand orignal entouré d’une trentaine d’animaux, tous bien connu dans la région Chaleur.

Ces bêtes ont été dessinées par Mme Bherer, mais peintes par les participants au cours des 20 heures d’ateliers.

«Les gens ont pu choisir ce qu’ils voulaient peindre, ce qui permet de solidifier une certaine fierté et un sentiment d’appartenance», a souligné l’artiste.

Une fois le projet terminé, le comité de développement culturel promet d’identifier toutes les personnes ayant participé au projet à l’aide d’une plaque descriptive.

«L’histoire» de chaque oeuvre sera aussi expliquée sur ces plaques.

Histoire

Mme Bherer a voulu raviver des souvenirs à l’aide de la murale.

Elle a donc utilisé le noir et le blanc afin de créer l’impression d’une «vieille photo» à certains endroits dans chacun des huit tableaux.

Sur celui des animaux par exemple, l’artiste a réservé ces couleurs pour le loup et le caribou des bois, un cervidé qui a disparu il y a plus de 100 ans au Nouveau-Brunswick.

Elle espère que l’aspect historique des oeuvres ajoutera une dimension encore plus spéciale au projet.

Tisser des liens

La murale de Beresford est un des premiers projets de ce genre à voir le jour depuis le lancement officiel d’une politique culturelle en novembre 2019.

Le président du comité de développement culturel de Beresford, Aurèle Michaud, explique que lui et son équipe ont voulu se servir d’une activité comme celle-ci pour tisser de nouveaux liens au sein de la communauté.

«À Beresford, il reste une distance entre les anciens et les nouveaux résidents», a constaté celui qui habite la région depuis plus de 40 ans.

«Jusqu’à ce que je m’implique, je ne ressentais pas vraiment d’appartenance à ma ville. Je travaillais à Bathurst et je faisais mes courses là-bas, donc je connaissais peu de gens ici.»

M. Michaud a lui-même participé au projet le mois dernier en peignant un grand héron bleu sur un des tableaux.

Il affirme que l’expérience fut plaisante et lui a permis d’établir des contacts avec des gens qu’ils n’auraient peut-être jamais rencontrés autrement.

Le projet, qui a été proposé en partenariat avec la Société culturelle régionale Népisiguit, a reçu du financement du ministère du Patrimoine canadien.