Fonction publique provinciale: possible grève au printemps

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a envoyé une lettre à ses 30 000 membres du Nouveau-Brunswick. Il appelle à une mobilisation pour un vote de grève ce printemps. Il accuse le gouvernement actuel de bloquer les négociations à propos de multiples conventions collectives.

«Personne ne veut faire grève, précise le porte-parole du syndicat, Simon Ouellette. Nous voulons des ententes.»

Il liste plusieurs exemples de sections locales provinciales qui ne parviennent pas à en obtenir: éducation, santé, Alcool NB, sténographes judiciaires, services correctionnels, voiries et travailleurs des parcs provinciaux.

«Pas une seule négociation n’a encore donné lieu à un accord équitable, condamne-t-il. Le gouvernement offre souvent seulement 0,25% d’augmentation salariale, alors que l’inflation est généralement supérieure à 2%.»

Les travailleurs en foyers de soins et les sténographes judiciaires représentés par la SCFP attendent leur nouvelle convention collective depuis 2016. Les manœuvres, les agents des programmes culturels et de loisirs ainsi que les employés administratifs partagent leur situation depuis 2017.

M. Ouellette affirme que la plupart de ses membres voient ainsi leurs conditions de travail inchangées depuis un an et demi en moyenne.

«Nous en concluons que le gouvernement Higgs veut briser le mouvement syndical», s’indigne-t-il.

Le SCFP prévoit de faire une tournée provinciale en mars et en avril pour rencontrer ses membres.

«Une action de masse exige de la préparation et du courage. Nous devons être unis. Nous devons être solidaires», est-il écrit dans sa lettre.

Le porte-parole du syndicat précise que la possibilité d’une grève pourrait être écartée si des élections provinciales avaient lieu.

«Ça changerait l’eau des bines, car c’est le gouvernement actuel qui refuse de négocier», explique-t-il. Il confie que son syndicat a discuté avec tous les partis d’opposition.

M. Ouellette croit qu’une augmentation des salaires contribuerait à augmenter la croissance de la province.

«Quand les travailleurs ordinaires gagnent plus, ils contribuent à la croissance de nos économies locales en dépensant plus dans nos communautés, peut-on lire sur la lettre du SCFP. Une meilleure redistribution de la richesse, c’est ce dont notre province a besoin.»

«Le gouvernement du Nouveau-Brunswick reste confiant dans sa capacité à ratifier des ententes collectives, qui sont justes pour les employés et les contribuables, avec les différentes centrales syndicales», a déclaré par courriel la porte-parole du ministère des Finances Vicky Deschênes.