Frais aux résidents: la Maison Nazareth remet les pendules à l’heure

Les dirigeants de la Maison Nazareth mettent les choses au clair quant aux frais qui seront demandés à certains résidents.

La nouvelle sur les nouveaux tarifs s’est répandue «comme un virus» et a échappé au contrôle de la Maison Nazareth, selon le directeur général, Jean Dubé.

En conférence de presse jeudi, il a expliqué que certains ont cru à tort que les résidents devront débourser des frais faramineux pour séjourner au refuge de la rue Albert, mais qu’en réalité, la situation est plus nuancée.

Pour les résidents qui ont un revenu, mais qui n’ont pas d’assistance sociale, le refuge demandera des frais qui ne dépasseront pas 30% de leur revenu ou un maximum de 300$.

Jean Dubé répète que pour la plupart des résidents, cela équivaut à moins de cinq dollars par jour.

Il insiste aussi sur le fait que ceux qui n’ont pas de revenu n’auront pas à débourser un sou.

Pour ceux qui touchent des prestations d’assurance sociale, M. Dubé a affirmé que le gouvernement prélève déjà un montant de 144$ de leur chèque afin de payer pour un refuge en cas de besoin.

La Maison Nazareth ne perçoit pas encore ces fonds, mais Jean Dubé affirme qu’il travaille avec le gouvernement provincial pour les mettre en vigueur afin de financer les coûts d’exploitation du refuge.

Jean Bertin, porte-parole du ministère du Développement social, précise que le chiffre de 144$ est souvent cité puisqu’il s’agit de 25% de la somme de 576$ que beaucoup de prestataires reçoivent. En réalité, les «frais de refuge» représente 25% du montant du chèque.

Si le refuge demande déjà des frais, les résidents qui reçoivent de l’assistance sociale auront droit à tout leur chèque, sans déductions, corrige aussi M. Bertin.

«Il est de la responsabilité du refuge de percevoir les frais directement auprès du client. Toutefois, si le client donne son consentement, le ministère retiendra le montant destiné à payer son logement et le versera directement au refuge. Cette pratique est déjà en place pour d’autres refuges, propriétaires et services publics, par exemple», indique Jean Bertin dans un courriel.

Rejoint en fin de soirée pour clarifier tout cela, Jean Dubé affirme qu’il reste encore «quelques détails» à régler avec la province.

«Ce sont des choses qu’il va falloir clarifier, j’étais sous l’impression que le ministère gardait (cette portion du) chèque. Ce sont de nouvelles informations pour moi, mais on ne veut pas plus que ce montant-là (25%). S’ils le reçoivent, on le veut, s’ils ne le reçoivent pas, on ne le veut pas, point.»

Deux résidents du refuge qui ne reçoivent pas de chèque d’assistance sociale nous confirment qu’on ne leur a pas demandé de payer pour leur séjour. Ces personnes ont préféré garder l’anonymat pour ne pas ébruiter le fait qu’elles habitent dans un refuge.

Jean Dubé précise aussi que le premier mois d’un séjour au 75 rue Albert est gratuit, et que les frais prélevés lors du dernier mois du séjour sont remboursés aux résidents. Ces personnes peuvent alors faire un dépôt de garantie pour louer un appartement avec cet argent.

Il est donc possible de s’abriter au refuge pour deux mois, sans frais.

Une décision de longue date

Nicolas Parisi, président du Conseil d’administration de la Maison Nazareth, affirme que le but de l’organisation est de «durer» pour continuer à offrir ses services.

Il fait aussi savoir que la décision de demander des frais à certains résidents fait partie du plan d’affaires du nouveau refuge, et qu’elle ne date pas d’hier.

Ce plan d’affaires sur 15 ans a été préparé par un comptable agréé et a coûté «plusieurs milliers de dollars». Il a aussi été présenté aux gouvernements provincial et fédéral.

À savoir pourquoi le CA n’a pas divulgué cet élément du plan d’affaires à la population ni au conseil municipal de Moncton, Nicolas Parisi répond que les dirigeants avaient prévu en parler en temps et lieu, mais qu’ils ont été pris de court lorsqu’un résident du refuge a publié une bribe d’information sur les médias sociaux.

Jean Dubé ajoute que le plan d’affaires est «privé».

«On ne va pas publier notre plan d’affaires sur 15 ans pour que quelqu’un le prenne et s’en aille», dit le DG en anglais.

M. Parisi exprime aussi que l’organisation est en bonne situation financière malgré l’incendie qui a détruit son refuge de la rue Clark, à Moncton.

«On a de bonnes assurances. Notre position financière est solide», renchérit Jean Dubé.

Nicolas Parisi affirme aussi que le Conseil d’administration n’a jamais cessé d’appuyer le travail du directeur général Jean Dubé.

«Il n’y a pas de division au sein du Conseil d’administration.»

Jean Dubé a aussi répondu aux critiques de «certaines personnes» qu’il a refusé de nommer.

Il affirme que ces personnes auraient critiqué la Maison Nazareth sur les médias sociaux sans vérifier leurs informations avec l’organisme.

Il a aussi salué le conseiller Greg Turner, de Moncton, qui s’est porté à la défense de l’organisation.