Memramcook: l’élimination du pont-chaussée gagne des appuis

Une cinquantaine de résidents de Memramcook ont exprimé leur appui au remplacement du pont-chaussée de la municipalité par un nouveau pont lors d’une rencontre de consultations tenue par les Sentinelles Petitcodiac plus tôt cette semaine.

Le pont-chaussée a été construit sur la rivière Memramcook, à la hauteur du village, en 1973, en même temps que des digues et des barrages.

Comme celui de la rivière Petitcodiac, entre Moncton et Riverview, le pont-chaussée a étouffé la rivière et a modifié son cours. En raison des changements climatiques, la quantité d’eau qui circule dans la rivière augmente de plus en plus.

Les participants à la rencontre en avaient long à dire sur les effets de l’infrastructure dans leur petit coin de pays: diminution du nombre de poissons, accumulation de boue à plusieurs endroits, inondations des terres, érosion, sans compter le rétrécissement de la rivière et son «enlaidissement», ont dit plusieurs.

Joanne LeBlanc habite depuis 52 ans le chemin Taylor qui longe la rivière. Elle témoigne de détérioration de la situation au cours des dernières années. «Le chemin est inondé un, deux ou trois jours, plusieurs fois par année», dit-elle.

D’autres ont souligné que le chemin de fer, situé près de la rivière, sera menacé d’ici deux ou trois ans. On a entendu peu de préoccupations face au remplacement du pont-chaussée, si ce n’est que certaines terres agricoles pourraient en souffrir.

Lorsqu’on a demandé une levée de mains de ceux en faveur du remplacement du pont-chaussée, les participants semblaient unanimes.

Les Sentinelles Petitcodiac ont décidé de faire de la rivière Memramcook leur principal cheval de bataille, fortes de leur succès avec le remplacement du pont-chaussée Moncton-Riverview.

«Le contexte politique et régional est bon», souligne Ronald Babin, président du conseil d’administration de l’organisme.

C’est que, contrairement aux autres infrastructures du genre dans la région, le pont-chaussée et le barrage n’ont jamais subi de réparations majeures en 44 ans d’existence, ce qui étonne grandement l’organisme.

«Le tout est en très piètre état», souligne M. Babin.

Les Sentinelles veulent profiter du fait qu’une décision gouvernementale devra bientôt être prise au sujet du pont-chaussée pour faire valoir les avantages de construire un nouveau pont et ainsi restaurer la rivière et de la ramener, espère-t-on, près de son état initial.

Pour ce faire, les Sentinelles comptent sur une mobilisation locale. L’organisme a mené de rencontres, non seulement à Memram-cook, mais également à Dorchester, où le pont-chaussée provoque aussi des changements aux rives et à l’écosystème.

La conseillère municipale de Memramcook, Gilberte Nowlan, est convaincue de la nécessité d’agir.

«On va avoir des dégâts environnementaux. C’est pitoyable de voir que la rivière a été détournée. On joue pas avec la nature.»

Elle est ravie de ce qu’elle a entendu pendant la rencontre de la part des gens de sa municipalité. «C’est encourageant de voir, ici ce soir, que les gens sont intéressés à ce projet et savent qu’il faut que le pont-chaussée soit enlevé de là. Parce qu’on a une rivière très malade.»

Le conseil municipal pourrait se pencher sur la question d’ici peu.