Des salles d’entraînement ferment

Dimanche soir, le club de remise en forme GoodLife Fitness annonçait la fermeture temporaire de ses 275 salles d’entraînement à travers le pays. Est-ce que des gyms de la région Chaleur suivront le pas?

Les écoles sont fermées, les cours universitaires suspendus et les activités communautaires annulées, mais les tapis roulants du Studio Olympus, à Beresford, roulent, roulent et roulent encore.

Denise Comeau, une employée de longue date, avance que la COVID-19 ne semble pas dissuader ses membres à s’entraîner.

«Il y en a quelques-uns qui m’ont envoyé un texto pour me dire: “on se verra dans deux semaines”. (…) Mais de l’autre côté, nous avons vendues je ne sais pas combien d’abonnements au cours de la fin de semaine à la suite de l’annonce des fermetures d’écoles.»

Lundi matin, environ six personnes occupaient la salle d’entraînement cardiovasculaire.

L’employée souligne que des lingettes désinfectantes, du gel hydroalcoolique pour les mains et du vaporisateur nettoyant pour les équipements ont été mis à leur disposition.

«Je remarque que les gens commencent de plus en plus à laver leurs poids», a-t-elle relevé.

«Ils font plus attention; ça, c’est sûr.»

Mme Comeau espère que les portes du Studio Olympus pourront rester ouvertes, malgré la situation évolutive.

«Je connais bien ma clientèle, ça fait onze ans que je suis ici, donc j’ai confiance qu’elle utilise son bon jugement», a-t-elle exprimé.

À quelques kilomètres du Studio Olympus, André Lanteigne, le propriétaire du centre de conditionnement physique Drekon Martial Arts & Fitness Academy, s’apprêtait à enseigner sa deuxième classe de la journée.

«En plus d’avoir désinfecté toute l’aire du gym, j’ai déjà annulé certaines classes aujourd’hui», a-t-il témoigné en avant-midi.

«J’ai aussi enlevé tous les équipements de nos entraînements, alors nos membres vont faire des exercices avec leur poids corporel seulement pour diminuer la transmission de germes.»

Comme bien d’autres, M. Lanteigne traverse une période d’incertitude.

Sur Facebook, il écrit qu’il y a «de très grandes chances» que le centre devra fermer temporairement.

Le propriétaire ignore cependant la durée et l’impact que cette interruption aura sur son entreprise.

«Si personne ne vient aujourd’hui, je compte filmer un entraînement que je pourrai partager avec la gang», a-t-il toutefois ajouté.

L’entraîneur aimerait aussi personnaliser des entraînements maison pour les personnes âgées qui sont plus à risque de souffrir des conséquences de la COVID-19.

Ceux-ci pourraient être effectués à la maison sans équipement ou encore avec des objets tout usage comme des boîtes de conserve, a-t-il expliqué.

Du côté du gym 344, à Nigadoo, Arnolda Lavigne appréhendait sa toute première journée à la salle d’entraînement.

«Anxieuse» face au nouveau virus, mais déterminée à perdre quelques kilos, la dame avait décidé de s’acheter un abonnement, malgré le risque de fermeture associé à la COVID-19.

«J’espère que ça ne ferme pas», a-t-elle avancé. «Ça ne serait pas plaisant.»

Mme Lavigne affirme préconiser le port de gants dans les milieux public comme l’épicerie ou les centres commerciaux.

Elle ne portait pourtant pas de gants à la salle d’entraînement, lundi.

Près de Mme Lavigne, Michel Jean, un membre de longue date, s’entraînait lui aussi.

L’homme retraité indique que si le gym 344 met la clé sous la porte, il continuera ses exercices à la maison.

«C’est sûr que venir ici c’est une façon de passer mes avant-midi», a-t-il par contre mentionné.

Pour M. Jean, comme pour d’autres adeptes d’activité physique qui ne voulaient pas être identifiés, le gym est également une façon de socialiser entre amis.

Enfin, au Gymnasia de Bathurst, le journal a fait la connaissance de Dave Arseneau, un adepte de musculation.

M. Arseneau visite quotidiennement la salle d’entraînement, mais reconnaît que la santé publique doit être la priorité en tout temps.

«C’est sûr et certain, s’il y a un danger, ils vont fermer le gym. La santé est plus importante!», a-t-il lancé.

L’ancien champion de culturisme précise toutefois qu’il y a des précautions de base qui peuvent être prises au gym pour éviter la contamination.

«Dans le passé comme maintenant, à chaque fois que j’utilise une machine, je la nettoie avant et aussi après mon entraînement pour le prochain.»

M. Arseneau rappelle aussi de se laver les mains à l’entrée et à la sortie de l’établissement.

Denise Comeau, du Studio Olympus à Beresford, espère que la salle d’entraînement puisse continuer à accueillir les membres qui veulent s’en servir. – Acadie Nouvelle: Allison Roy.