Les soupes populaires encore plus essentielles pendant la pandémie

«Monsieur, avez-vous besoin d’un repas?»

C’est quelque chose qu’on entend souvent au coin des rues Mountain et Norwood, à Moncton.

Même en situation de pandémie, la soupe populaire Ray of Hope’s needy kitchen offre toujours des repas à ceux qui en ont besoin.

Mais à l’instar des autres organismes en son genre à Moncton – dont Habitat pour l’Humanité, Karing Kitchen et le Food dépôt alimentaire – cette soupe populaire a dû rapidement changer sa façon de faire pour s’adapter aux mesures imposées par le gouvernement.

Depuis lundi, ils offrent des repas à emporter à tous ceux qui en ont besoin. Seuls les bénévoles entrent dans l’église pour préparer les repas, qui sont alors distribués aux passants dehors.

«Depuis que les mesures sont devenues plus sévères, on a vu que d’autres soupes populaires se tournaient vers les repas à emporter, et on a décidé d’opter pour ça nous aussi», dit Greg Fennell, gérant de la soupe populaire qui distribue maintenant des mets à emporter derrière l’Église catholique Saint-Augustin.

Le mois dernier, M. Fennell et son équipe de bénévoles ont servi 158 repas par jour en moyenne. Lundi, ils en ont servi 103.

«Tout le monde est dans une situation différente. Il y a des gens qui ont des enfants. À la fin du dîner, quand tout le monde a été servi, ils peuvent se mettre en ligne à nouveau pour avoir les repas qui restent pour leurs enfants. Pourvu qu’on ait de la nourriture, on continue à la donner», dit Greg Fennell.

Greg Fennell, gérant de la soupe populaire Ray of Hope’s needy kitchen.

Pour plusieurs, ce service est tout aussi essentiel qu’une pharmacie ou une épicerie. Certaines des personnes qui bénéficient de la soupe populaire sont sans-abris.

C’est le cas de Nathan Kingston et de Heidi Callaghan, qui sont venus chercher de la pizza à l’église lundi.

Ils ont pu trouver refuge chez des amis pendant la pandémie. Sinon, ce serait la rue.

«On est sans abri et on est pauvres», dit simplement Nathan Kingston. Il estime que les organismes caritatifs sont d’une importance vitale pour les gens qui sont dans sa situation.

«C’est difficile de survivre en ce moment. Tout est fermé. Si ce n’était pas de cet endroit-ci, on ne mangerait pas aujourd’hui», renchérit Heidi Callaghan.

Elle explique qu’elle fréquente Ray of Hope depuis «7 ou 8 ans.»

«C’est un repas par jour qu’on ne doit pas se procurer par nous-mêmes.»

Pour Lise Gautreau, la soupe populaire est devenue encore plus importante depuis le début de la pandémie. Elle explique qu’elle reçoit de l’assistance sociale, mais que les loyers sont élevés et que les fins de mois mettent ses finances à rude épreuve.

«On a seulement de l’argent une fois par mois, et ce n’est pas beaucoup d’argent, donc ça a rendu les choses plus difficiles», dit Lise Gautreau, qui fréquente la soupe populaire Ray of Hope depuis environ trois ans.

Des entreprises et des particuliers ont permis à Ray of Hope de continuer à offrir ses services. La communauté leur a fait cadeau de plusieurs bouteilles de désinfectant pour les mains, par exemple.

Mais la soupe populaire est toujours à la recherche de dons, selon Greg Fennell.

Il explique que l’organisme est surtout à la recherche de denrées emballées individuellement, comme des biscuits ou des barres granola.

Greg Fennell souligne aussi qu’il a indiqué à ses bénévoles plus âgés de rester chez eux s’ils craignent d’attraper la COVID-19. Il explique que les bénévoles plus jeunes ont pris le relais, et que l’organisme n’est pas à court de bras pour l’instant puisqu’il n’est plus nécessaire de faire la vaisselle.