Bathurst: fermeture de la mine Caribou

L’entreprise Trevali a annoncé, jeudi, la suspension de ses activités à la mine Caribou, près de Bathurst. Elle indique que l’opération n’est actuellement plus rentable en raison de la baisse importante du prix du zinc, de la hausse des tarifs de transformation et des défis économiques engendrés par la crise de la COVID-19.

La fermeture temporaire de la mine Caribou concerne environ 90% de la main-d’œuvre, soit 250 employés et 80 travailleurs contractuels.

Par l’entremise d’un communiqué, Trevali souligne qu’il ignore quand, ou même si les opérations reprendront au camp minier de Bathurst.

Ricus Grimbeek, le président-directeur général de l’entreprise explique que la Mine Caribou faisait face à des difficultés depuis avril dernier.

Prix du zinc à la baisse

«Il s’agit d’une décision difficile, mais nécessaire considérant les circonstances opérationnelles et l’état du marché», avait expliqué le PDG par l’entremise d’un communiqué, jeudi.

Au printemps 2019, le marché global du zinc aurait commencé à chuter, passant d’environ 1,30$ à 0,80$ dollars américains la livre en un an.

L’arrivée de la COVID-19, en début d’année, aurait sérieusement accéléré cette baisse, mettant dans l’eau chaude la Mine Caribou, l’opération la plus coûteuse de Trevali.

M. Grimbeek précise que Trevali caresse toujours l’idée de redémarrer un jour l’opération.

C’est pourquoi un programme de maintien visant à préserver les ressources du site a été mis en place dès la suspension des activités.

Prix de transformation à la hausse

Le prix du zinc n’est pas le seul défi auquel la mine Caribou était confrontée.

Celui de la transformation, lui à la hausse, nuisait aussi à la rentabilité du site.

«Ce n’est pas seulement une question de profits; il s’agit aussi du coût de transformation du zinc qui atteint des niveaux record de 300 la tonne en ce moment», a relaté le PDG.

Ce dernier ajoute qu’il serait illogique d’extraire les minerais, seulement pour se creuser un déficit en les vendant aux fonderies.

Tout considéré, le conseil d’administration aurait alors décidé, plus tôt cette semaine, de cesser immédiatement les activités.

À la recherche de solutions

«Cette décision ne reflète pas la qualité de notre équipe ou des conditions d’exploitation au Nouveau-Brunswick», avait poursuit M. Grimbeek dans le même communiqué.

«Alors que les opérations sont en pause, nous allons étudier une multitude d’options dans la région de Bathurst qui pourrait maximiser le rendement et réduire les coûts totaux de la (mine) Caribou.»

Le PDG note que «ces options» pourraient inclure la possibilité d’extraire de nouveaux minerais – dont l’or et le cuivre –, la possibilité de complémenter les minéraux de la mine Caribou avec ceux d’un site voisin ou encore de créer une entreprise commune avec de tierces parties.

Entre temps, la société minière s’engage à aider les travailleurs mis à pied en versant des indemnités de départ et en offrant de l’aide à la transition.

Il est à noter que le centre d’opération Trevali, au centre-ville de Bathurst, poursuivra ses activités puisqu’il dessert aussi ses trois autres sites à l’étranger.

Garder espoir?

La fermeture de la Mine Caribou, bien que potentiellement temporaire, s’ajoute à la longue liste de fermetures qui ont secoué la région Chaleur au cours de la dernière décennie.

À savoir si l’absence de la Fonderie Brunswick, à Belledune, a intensifié les difficultés de Trevali, M. Grimbeek assure que non.

«Nous vendons nos concentrés dans le marché libre, donc ça ne fait aucune différence. Ça n’a rien à voir avec la fermeture de la fonderie de plomb», a-t-il témoigné.

Peu importe ce qui a mené à l’entreprise à faire cette «décision difficile», le PDG se dit empathique envers les 330 employés qui ont perdu leur emploi en ces temps difficiles.

«C’est vraiment décevant, mais je ne perdrai pas espoir que nous puissions travailler vers un futur où nous aurons une opération rentable à Bathurst», a-t-il avancé.