COVID-19: l’aéroport du Grand Moncton déserté par les voyageurs

Pas de file, pas d’achalandage, l’atmosphère de l’aéroport Roméo-LeBlanc du Grand Moncton a radicalement changé ces derniers jours.

«Seules les personnes voyageant ou revenant d’un voyage seront autorisées à l’intérieur de l’aéroport», signalait mercredi un avis placardé à l’entrée du lieu de transit le plus fréquenté de la province.

À l’intérieur, le terminal est presque vide. Aucun visiteur en vue. Quelques employés échangent à voix basse.

«Habituellement, ce temps-ci de l’année est le plus occupé, mais aujourd’hui (mercredi) c’est pas mal vide», observe le PDG Bernard LeBlanc.

«On compte six à huit vols par jour, c’est entre le tiers et le quart de notre activité normale. On a aussi une baisse de 70 à 80% du nombre de passagers. Ce sont principalement des personnes qui retournent à leur domicile, il n’y a plus de départs vers le Sud.»

La compagnie Porter Airlines a suspendu tous ses vols jusqu’au 1er juin, tandis qu’Air Canada a suspendu les trajets directs entre Moncton et Ottawa, et réduit considérablement le nombre de vols vers Toronto et Montréal.

La compagnie WestJet a quant à elle fait passer de trois à un le nombre de vols quotidiens à destination et en provenance de Toronto.

En revanche, des vols directs en provenance de Punta Cana, en République dominicaine, continuent d’atterrir sur le tarmac de Dieppe.

Entre février et mai, l’aéroport international voit passer en moyenne 50 000 passagers par année à destination du Mexique et des Caraïbes. La direction s’attend à ce que ce nombre soit réduit de moitié en 2020.

Bien que les activités de fret demeurent stables jusqu’à présent, c’est un coup dur sur le plan financier, concède Bernard LeBlanc.

«Si on n’a pas de passagers ni d’avions qui atterrissent, ça diminue grandement nos revenus. On fait des estimations, des projections selon la date de reprise du service. Selon un scénario où on ne changerait pas nos dépenses, on pourrait manquer d’argent d’ici la fin de l’été.»

L’Association des Aéroports du Canada atlantique évalue d’ailleurs à près de 118 millions $ la perte totale des revenus opérationnels des aéroports de la région associée à cette chute du trafic aérien en 2020. Elle réclame déjà au gouvernement fédéral une aide financière pour compenser les pertes et éponger les frais de loyer.

Quelles mesures de précaution?

Depuis mardi, le gouvernement provincial demande à tous les voyageurs d’où qu’ils viennent de s’isoler pendant 14 jours. Le lendemain, aucune affiche ne relayait cette consigne dans l’aéroport.

Les passagers ne sont pas soumis à un test de température du corps. Aucun fonctionnaire n’a été dépêché sur place pour relayer les consignes de santé publique.

«Ce n’est pas notre rôle de faire de l’éducation, mais nous passons les messages avec des affiches et sur les réseaux sociaux. Il faudrait le soutien du gouvernement provincial et des ressources supplémentaires», estime le PDG de l’Aéroport international du Grand Moncton.

Par contre, des produits désinfectants des mains à l’usage du public ont été installés dans des endroits stratégiques de l’aérogare et des bandes collantes mises au sol incitent à respecter la distanciation sociale.

Le restaurant Tim Hortons sera fermé jusqu’à nouvel ordre, mais l’aéroport continuera de servir certains repas sur le pouce. Les équipes chargées du nettoyage doivent désormais cibler les comptoirs, les poignées de portes et autres zones fréquentées.

À noter que l’accès à l’aérogare n’est plus autorisé pour les citoyens ayant voyagé à l’étranger depuis les 13 mars. Les personnes qui viennent déposer des passagers ou récupérer des passagers sont quant à elles invitées à rester dans leur véhicule pendant que les voyageurs chargent leurs bagages.