Transporter des denrées plutôt que des passagers

En pause forcée en raison de la pandémie de la COVID-19, les organisations Transport communautaire Restigouche et Chaleur n’entendent pas laisser leurs usagers de côté.

En temps normal, des chauffeurs bénévoles de ces deux services se déplacent afin d’offrir un moyen de transport peu coûteux à ceux qui ne possèdent pas de voiture ou qui sont dans l’incapacité de conduire. Il se veut un outil visant à lutter contre la pauvreté, aider aux déplacements des étudiants ou familles monoparentales, et également à combattre l’isolement des personnes âgées. Ce service est particulièrement utilisé pour les déplacements en épicerie et pour les rendez-vous médicaux. Très couru, il est toutefois interrompu depuis la crise de la COVID-19.

«Nos bénévoles ne peuvent plus transporter de clients», explique Chantal Bernard, coordonnatrice du service pour les régions Restigouche et dans Chaleur.

Celle-ci avoue que certains bénévoles s’étaient proposés pour continuer malgré tout, mais afin de respecter le principe de distanciation sociale, l’organisation a décidé de cesser le service temporairement.

«C’est une question de sécurité, tant pour nos clients que pour nos chauffeurs bénévoles», souligne-t-elle.

«Dans un premier temps, il faut comprendre que plus il y a de gens qui entrent et sortent d’un véhicule, plus cela augmente les risques de propagation du virus. Mais aussi, c’est que nos bénévoles sont surtout des personnes souvent à la retraite, plus âgées, donc davantage à risque d’avoir des complications s’ils contractent le virus. On veut donc prendre soin de tout notre monde», ajoute-t-elle.

Il faut dire que la majorité des rendez-vous médicaux – l’une des principales activités du service – ont été annulés, un mal pour un bien pour le service. Reste que, pandémie ou non, les gens doivent néanmoins continuer de s’alimenter et de mettre la main sur leurs prescriptions. Et puisque le service ne peut transporter les clients dans les commerces, ce sont les commerces qui viendront à eux. À compter de lundi, les deux services proposeront donc la livraison à domicile.

«Les utilisateurs pourront faire leurs commandes à l’épicerie ou à la pharmacie. Nos bénévoles pourront ensuite récupérer les commandes et les livrer à la maison. On va donc pouvoir aider notre clientèle cible – celle qui a peu de moyens financiers à sa disposition – à continuer de recevoir leur nourriture et aussi leurs médicaments, ce qui est primordial», souligne Mme Bernard.

Le service entrera en vigueur lundi dans les deux régions.

Une autre façon d’aider

Outre son travail régulier, Chantal Bernard a lancé une invitation à la population d’être généreuse envers les plus démunis qui, en cette période de crise, sont doublement vulnérables. Devant travailler à partir de chez elle à Balmoral, elle a invité les citoyens de sa région immédiate et des alentours à lui apporter des denrées alimentaires. Celles-ci sont destinées à des gens particulièrement frappés par la situation actuelle.

«Il y a beaucoup de personnes, qui sont touchées par ce qui arrive, beaucoup plus qu’on le pense. Des familles qui ont de la difficulté à acheter leur épicerie», raconte-t-elle.

Mme Bernard a donc décidé de mettre un petit conteneur à recyclage sur le bas de sa porte. Les gens peuvent y déposer leurs dons.

«Ensuite, une personne vient ici et se charge d’effectuer la livraison auprès des familles ayant des besoins dans le village (Balmoral). On reçoit même des dons en argent», exprime-t-elle.

Jusqu’à présent, la population a répondu très positivement à son invitation. Moins de 24h après l’avoir lancée, elle avait amassé trois bacs de nourritures complets.

«On le sait, les gens ici sont très généreux quand vient le temps d’aider leurs prochains, et on en a une fois de plus la preuve», dit-elle.