La Distillerie Fils du Roy forcée de cesser de fabriquer de l’antiseptique

En raison d’une pénurie d’alcool neutre sur les marchés, la Distillerie Fils de Roy, à Petit-Paquetville, arrêtera de fabriquer de l’antiseptique pour les mains pour une période indéterminée.

Sébastien Roy, président et cofondateur de la Distillerie Fils du Roy, a en fait l’annonce récemment sur Facebook.

«Nous allons fermer pour une période indéterminée, nous avons utilisé tout l’alcool que nous avions en notre possession pour la transformer en antiseptique pour les mains. Nous allons tenter d’en produire dans les jours à venir. (…) Nous sommes désolés de cette situation et travaillons fort à trouver des solutions. Nous ne prenons plus les appels pour les commandes.»

Il y a plus d’une semaine, l’entreprise de la Péninsule acadienne avait annoncé la réorientation de ses activités afin de contribuer, à sa façon, à l’effort provincial et mondial pour limiter la propagation de la COVID-19.

En 9 jours, 15 000 litres d’antiseptique ont été produits à Petit-Paquetville.

Les défis ont été nombreux pour la Distillerie depuis le début de la pandémie mondiale.

«Nous ne pouvons plus rouler dans la fourgonnette avec le logo de la Distillerie. Les gens nous suivent en voiture pour voir où on va en espérant qu’on ait de l’antiseptique.»

Ultimement, c’est un manque d’alcool neutre sur les marchés qui l’oblige à cesser ses activités pour une période indéterminée. Selon Sébastien Roy, les grands producteurs d’alcool neutre aux États-Unis seraient en train de conserver les réserves.

«Ça se produit, on en produit à la distillerie, mais les quantités dont on a besoin, ça prend une grosse usine qui produit des centaines de milliers de litres par jour. Notre fournisseur ne peut pas en avoir. Il ne répond plus au téléphone ni aux courriels.»

La Distillerie a d’autres plans en développement pour répondre aux besoins de la population en ce temps de crise, en commençant avec la distillation d’alcool neutre pour relancer la production d’antiseptique.

«Nos fermenteurs sont pleins de bière qu’on va distiller, mais ça ne va pas aller vite. On parle d’environ 600 litres d’alcool par semaine. C’est normalement notre bon alcool, mais on va essayer de l’utiliser pour faire de l’antiseptique. On veut que des organismes critiques puissent en avoir pour se protéger.»

L’entreprise a aussi fait l’acquisition de semence d’orge.

«Nous aurions voulu continuer, mais nous n’avons plus la matière première. On travaille pour en faire d’autres, mais il ne faut pas oublier que le prix des matières premières est en train de monter en flèche. Nous avons acheté de la semence et nous allons travailler avec des fermes locales pour faire pousser de l’orge. Notre plan A est de l’utiliser pour faire de l’alcool, mais si on voit que ce n’est pas de l’alcool dont la population a besoin, on peut s’en servir pour transformer les grains en farine.»