Les écoles resteront fermées pour le reste de l’année scolaire

Le gouvernement du Nouveau-Brunwick a annoncé jeudi matin que toutes les écoles de la province resteront fermées jusqu’à la fin de l’année scolaire.

En conférence de presse, jeudi matin à Fredericton, le ministre de l’Éducation et de la Petite enfance, Dominic Cardy, a indiqué que les enfants devront toutefois effectuer des apprentissages à la maison.

Les secteurs francophone et anglophone ont chacun élaboré un plan d’apprentissage à domicile. Au cours des prochains jours, les écoles communiqueront avec les familles pour leur fournir du matériel pédagogique par voie électronique.

Les élèves de la maternelle à la 12e année devront consacrer entre une heure et deux heures et demie d’étude par jour, selon leur niveau scolaire. Les autorités scolaires les invitent également à lire pendant au moins 30 minutes par jour et à faire 30 minutes d’activité physique quotidiennement.

L’implication des parents est donc requise.

«Nous comprenons que chaque famille a un environnement familial différent, souligne Dominic Cardy. Bien que les parents aient la responsabilité clé d’encourager les élèves à faire les exercices qui leur sont fournis et à poursuivre leur apprentissage, il est important que les familles comprennent que nous ne leur demandons pas de recréer une salle de classe dans leur domicile ou d’assumer pleinement le rôle du personnel enseignant.»

Les éducateurs communiqueront avec les familles une fois par semaine, et le personnel enseignant participera à l’élaboration du matériel d’apprentissage à domicile.

«Nous n’avons pas d’attentes très élevées envers les parents et les élèves, précise le ministre. Il s’agit d’une situation très inhabituelle et difficile. C’est du jamais-vu, sachez que nous apprécions votre patience et votre collaboration.»

Une vingtaine d’équipes du ministère et des districts scolaires francophones collaborent depuis plusieurs jours pour créer une plateforme en ligne qui sera accessible dès lundi et régulièrement mise à jour.

«Pour les premiers niveaux, on peut s’attendre à des activités plus ludiques, qui impliquent que les parents participent, jouent, lisent avec les enfants. Plus on avance en âge, plus les concepts seront formels», indique Gérald Richard, sous-ministre pour le secteur francophone.

Obtention du diplôme facilitée

Dominic Cardy annonce également que tous les élèves de 12e année qui, en janvier 2020, étaient en voie de terminer leurs études en juin 2020, obtiendront leur diplôme à temps et recevront un diplôme d’études secondaires du Nouveau-Brunswick. Ils auront la possibilité de terminer le programme d’étude en ligne.

Les décisions concernant les cérémonies de remise des diplômes et autres activités connexes seront prises au cours des prochaines semaines.

Les élèves de 12e année qui n’avaient pas obtenu leurs crédits devraient eux aussi pouvoir obtenir leur diplôme sans trop de difficulté.

«On veut qu’aucun enfant ne soit pénalisé», explique le directeur général du Disctrict scolaire francophone Nord-Ouest, Luc Caron.

Déjà, les établissements d’enseignement postsecondaire assurent que cette crise n’empêchera pas les élèves d’être admissibles.

«Je peux confirmer que les élèves de douzième année des écoles secondaires du Nouveau-Brunswick pourront poursuivre leurs études au CCNB durant l’année collégiale 2020-21», a confirmé Pierre Zundel, PDG du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

L’institution prévient toutefois que le traitement des demandes pourrait prendre du retard.

L’Université de Moncton maintient de son côté la date d’ouverture des inscriptions au 4 avril.

«Les responsables des différents programmes œuvrent à trouver des solutions pour s’assurer que les finissantes et finissants puissent entamer et réussir leurs études universitaires», a fait savoir le recteur et vice-chancelier par intérim, Jacques Paul Couturier.

Un saut dans l’inconnu

Luc Caron assure que le personnel enseignant sera au rendez-vous et aux côtés des parents.

«Nos enseignants sont prêts à entrer en communication avec les familles pour les rassurer, et faire un recensement de ce qu’il se passe. Est-ce que les familles sont disposées à s’impliquer? Est-ce qu’elles ont accès à internet? Il y a plein d’enseignants qui sont déjà en communication avec leurs jeunes et ont mis en place des initiatives. Maintenant, c’est une obligation de le faire.»

Le directeur général du district ajoute que les enseignants devront s’adapter à cette réalité en s’assurant de guider les parents sans que cela représente un trop lourd fardeau.

«Il faudra prioriser, on ne pourra pas reproduire ce qui se faisait à l’école. Il faut bâtir un système qui n’existe pas, une façon nouvelle de livrer la marchandise. C’est un défi colossal, cela prendra une collaboration sans équivalent. On mise sur la créativité et l’innovation de chacun pour s’assurer que les besoins de chaque enfant soient comblés. On ne peut pas non plus penser à un système d’évaluation semblable à ce qu’on connaît.»

Les écoles devront trouver d’autres moyens d’épauler les familles qui n’ont pas d’outils numériques à leur disposition.

«Si on doit apporter des trousses éducatives à la porte, on va le faire», assure Monique Boudreau, la directrice générale du Disctrict scolaire francophone Sud.

«Pour les élèves les plus vulnérables ou ceux ayant des difficultés d’apprentissage, il faudra adapter les activités et mettre en oeuvre le concept d’apprentissage personnalisé.»

Gérald Richard est conscient que chaque foyer ne peut être un lieu d’apprentissage idéal.

«On reconnait que tous les élèves n’ont pas tous autant besoin de soutien. Dans certains cas, ce sera simple, dans d’autres cas ne le sera pas et il faudra trouver des solutions»

Pas de réouverture précoce des garderies

Le gouvernement n’envisage pas la réouverture des garderies avant celle des écoles.

Ceux dont le travail est jugé essentiel, comme les travailleurs de la santé, continueront toutefois de bénéficier d’un service de garde pour leurs enfants

Mais le manque de places disponibles se fait sentir dans certaines régions, comme à Edmundston où l’on estime que plus de 80 tout-petits sont encore privés du service.

«Les éducatrices ne veulent pas se présenter au travail. On respecte ça mais on doit s’assurer que les services continuent à fonctionner», mentionne Luc Caron.

Dominic Cardy explique que son ministère travaille avec les garderies pour combler les manques et envisage d’utiliser des ressources publiques pour ouvrir plusieurs services de garde.

Actuellement, les garderies qui paient toujours leurs employés durant la pandémie de coronavirus peuvent exiger des frais aux familles et certains parents doivent vider leur portefeuille pour garder leur place.

«Je demande aux garderies d’accéder aux programmes de soutien de la province et du gouvernement fédéral en cette période difficile et de prendre conscience du fait que tout le monde est touché par la crise, a commenté le ministre Cardy à ce sujet. Je m’attends à ce que la majorité des garderies soient raisonnables.»