L’industrie de la pêche au crabe est unanime: la saison doit être reportée

Les principaux acteurs de l’industrie de la pêche au crabe des neiges du Nouveau-Brunswick – les associations tout comme les transformateurs – demandent au ministère des Pêches et des Océans de reporter la saison de pêche dans la zone 12 au moins jusqu’au 1er mai.

L’Acadie Nouvelle a appris que sept associations de pêcheurs de crabe des provinces de l’Atlantique ont signé une lettre commune pour demander d’attendre au moins jusqu’au 1er mai avant d’ouvrir la saison de pêche.

Au Nouveau-Brunswick, l’Association des crabiers acadiens ainsi que l’Union des pêcheurs des maritimes sont signataires de la lettre. Le nom de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP), à Shippagan, n’y figure pas, bien que la direction de l’organisme affirme aussi appuyer la demande de reporter le début de la saison au 1er mai.

Selon la FRAPP, l’organisme a reçu le document mardi, mais souhaitait consulter les membres avant de prendre position.

La demande a pour objectif de permettre aux principaux acteurs de mieux se préparer afin d’éviter de mettre en péril la sécurité de l’ensemble des travailleurs de l’industrie.

Aucune association du Québec – où la pêche est déjà débutée dans certaines zones – n’a signé la lettre.

Le député d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier, demande à sa collègue Bernadette Jordan, ministre des Pêches et des Océans, de reporter le début de la saison depuis plus d’une semaine.

L’Acadie Nouvelle a tenté de joindre sa collègue Diane LeBouthillier, députée libérale de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine pour connaître sa position. Son bureau a refusé notre demande.

«En tout respect, Mme Diane Lebouthillier ne commentera pas ce dossier.»

L’Association québécoise de l’industrie de la pêche n’a pas donné de suite à notre demande de renseignements non plus.

Lors de son point de presse quotidien, le premier ministre du Nouveau-Brunswick Blaine Higgs s’est aussi prononcé en faveur d’un report de la saison.

Le premier ministre Higgs a aussi annoncé que des pourparlers ont lieu avec le gouvernement fédéral afin de mettre sur pied un fonds d’urgence pour le secteur des pêches si la saison devait être annulée en raison de la COVID-19.

Pour le moment, Bernadette Jordan ne s’est pas encore prononcée sur la situation. Aux dernières nouvelles, aucun délai n’était prévu. Son bureau promet une mise à jour dès que possible.

Les transformateurs aussi en faveur

L’Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick favorise également la demande de reporter le début de la saison au 1er mai.

Les débats ont parfois été animés, admet Gilles Thériault, président de l’organisme, mais l’ensemble des gens à la table se sont entendus sur une recommandation commune mardi en fin de journée.

«C’est encourageant de voir que les associations de pêcheurs et les transformateurs se sont mis ensemble pour nous donner la chance de mieux s’organiser. Il faut s’assurer d’être bien préparé pour qu’il ait des mesures dans chaque usine pour assurer la protection de nos employés», dit-il.

Les transformateurs de la Nouvelle-Écosse sont également en faveur – l’Île-du-Prince-Édouard ne compte aucune usine de transformation de crabe. De son côté, le Québec fait bande à part et souhaite entamer la saison le plus tôt possible.

Au Québec, la saison de pêche au crabe des neiges a déjà été lancée dans la zone 17, dans l’embouchure du fleuve Saint-Laurent. Depuis ce temps, au moins quatre cas de COVID-19 ont été répertoriés au sein de l’entreprise E. Gagnon et Fils, une usine de transformation en Gaspésie. Cette entreprise a prévu de nombreuses mesures pour éviter une propagation de la maladie.

En Atlantique à l’heure actuelle, les responsables des usines travaillent ensemble pour s’échanger leurs protocoles. L’Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick a fait l’embauche d’une personne pour coordonner les actions à l’intérieur des usines.

«Ce ne sont pas les cas au Québec qui nous a poussés à prendre notre position, mais ça nous permet de doubler d’ardeur pour s’assurer que nous avons tout en place pour protéger les gens. Nous voulons nous assurer que toutes les usines soient bien préparées et nous travaillons en concertation. Il ne faut pas travailler chacun de son bord. Il faut que nos mesures soient validées par la province. Il ne faut pas faire les choses à la va-vite.»