Le golf sera-t-il au menu cet été?

La pandémie actuelle laisse planer une lourde incertitude quant à la saison de golf 2020, ce qui n’est pas sans créer un stress au sein des clubs. Pourra-t-on s’élancer plus tôt que tard sur les tertres de départ?

Dans le nord de la province, la neige recouvre encore une partie des terrains de golf. Malgré tout, le temps est aux préparatifs. Depuis quelques semaines déjà, au Club de Golf Restigouche à McLeod, on s’active à dégager les verts, ceux-ci étant recouverts de toiles de protections.

«On a reçu l’autorisation d’effectuer certains travaux d’entretien en respectant, bien entendu, les règles de distanciation sociale. C’est un temps crucial pour nous d’enlever les toiles sinon cela pourrait faire pourrir ou abîmer les verts, ce qu’on veut absolument éviter parce que c’est très difficile à ramener par la suite», explique le directeur général du club, Derek Ferguson.

Comme un peu partout ailleurs en province, le Club de golf Restigouche ouvre généralement ses portes vers la mi-mai. Mais avec la pandémie actuelle, difficile de dire quand les golfeurs pourront frapper leurs premières balles de la saison. Il reste donc encore quelques semaines aux différents clubs pour voir suivre l’évolution de la pandémie et pour espérer un certain allègement des mesures mises en place par la province.

«On attend de voir quelles seront les instructions, si l’on pourra ou non avoir une saison cette année, et à quoi cette saison ressemblera», indique M. Ferguson.

L’ironie veut que cette pandémie survienne alors que l’hiver et le printemps ont pourtant été relativement cléments au Nouveau-Brunswick. Pas trop froid, pas trop enneigé. Sous les toiles, peu de glace, ce qui laisse présager que les verts seront beaux rapidement en début de saison.

Plus au sud, à Dieppe, il n’y a plus de neige sur les terrains depuis un moment déjà. Cela dit, ceux-ci sont encore beaucoup trop détrempés pour qu’on puisse y jouer.

«Ça va prendre encore un bon trois ou quatre semaines avant d’être prêt, car nous n’ouvrons que lorsque tout le terrain est jouable et de bonne qualité», exprime Louis Melanson, directeur général du terrain Fox Creek.

Là aussi, on se prépare tranquillement à mettre le terrain en bon état. Cela dit, même si les préparatifs avancent bien, il faut oublier selon lui un début des activités en mai. Dans les conditions actuelles, il est moins optimiste que son confrère du nord. Il ne croit pas qu’il y aura du golf avant le mois de juillet.

«Ouvrir en juin, honnêtement, ce serait un bonus», exprime-t-il.

Car il faut dire qu’actuellement, on ne joue pas au golf à nulle part au pays. Aucun joueur ne peut fouler les terrains du sud du Québec ou de l’Ontario là où, en temps normal, on aurait déjà commencé à frapper quelques balles. Les golfeurs des maritimes devront donc aussi être patients.

Ouverture avec certaines restrictions

Derek Ferguson demeure persuadé que l’on pourra jouer au golf cet été au Nouveau-Brunswick. À tout le moins, il refuse catégoriquement d’envisager à un été sans golf.

Il croit par contre fort probable que les quelques cinquante clubs de la province devront se soumettre à des règles strictes afin de respecter la distanciation sociale dans l’optique où la COVID-19 est encore virulente.

«Le golf est un sport individuel, sans contact et qui se pratique sur un terrain vaste. Je suis certain qu’on peut en arriver à des compromis afin, justement, de ne pas compromettre la saison», souligne le golfeur restigouchois.

Du coup, et selon les échos entendus des associations provinciale et canadienne, il pourrait devoir interdire l’accès à son chalet, son restaurant et sa boutique.

Pratiquement seuls les parcours seraient accessibles. Certains vont même jusqu’à avancer qu’il serait interdit d’enlever les drapeaux, question d’éviter la contamination.

Les tournois et autres événements (comme les soirées de mariages) – des activités essentielles pour les finances du club – pourraient de ce fait être annulés.

À l’image de ses confrères ailleurs en province, M. Ferguson pellette vers l’avant dans l’espoir que la pandémie s’estompe avec la chaleur de l’été.

«Actuellement, on repousse tous nos événements le plus loin possible. Mais c’est certain qu’on ne peut pas tout remettre en août ou en septembre. Ça risque de se traduire par des annulations de tournois. C’est dommage, car avec les locations du chalet pour des célébrations ou autres rassemblements, ça représente une bonne portion de nos revenus», estime-t-il.

À Dieppe, M. Melanson dit être prêt à fermer l’accès au chalet si besoin est afin de garantir une saison de golf.

«On peut tout faire à distance ou presque désormais, même réserver ses départs. On devrait pouvoir fonctionner en minimisant les contacts sans trop de problèmes. Pour le reste, peut-être pourrons-nous nous organiser différemment, sous une tente à l’extérieur, avec des tables plus espacées. Ça reste à voir. Mais s’il faut s’adapter, on le fera», enchaîne-t-il, préférant de loin quelques restrictions à une annulation complète de la saison.

Revenus

Qu’en est-il des perspectives monétaires liées à une saison écourtée?

Les deux directeurs avouent que les finances risquent d’être plus serrées cette année. Cela dit, en ouvrant plus tard dans la saison, on ne coupe pas seulement dans les revenus, mais aussi dans une grosse partie des dépenses courantes.

«Nous aurons beaucoup moins d’entretien à faire pendant quelques semaines, et ça, c’est une énorme dépense que nous allons sauver. Toutefois, c’est certain qu’en fin de compte, ça risque d’être plus difficile. On espère que les impacts ne seront pas trop négatifs, que nos membres vont nous suivre, même avec peut-être quelques semaines en moins», souhaite M. Melanson.

Chose certaine selon lui, les terrains seront probablement plus beaux que jamais lorsque les premiers golfeurs les fouleront.

«On a du temps devant nous pour tout préparer. Les terrains seront magnifiques – bien verts, propres et impeccable – lorsqu’on pourra y jouer. Les golfeurs vont en avoir pour leur argent», promet-il.