Célébrer le Jour de la Terre virtuellement

C’est drôle des fois comment une erreur d’inattention peut parfois aboutir à une idée de génie.

En confinement à la maison, Amélie Ferron-Roussel cherchait à adapter un événement – Ménage ton rivage, une séance de nettoyage des berges de Shippagan prévue en juin – à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19.

La chargée de projets et des activités communautaires de la ville s’est installée devant son clavier d’ordinateur. Son plan de match était d’inscrire “Journée des océans” dans son moteur de recherche afin de trouver des idées originales.

Mais ses doigts ont machinalement tapé “Journée de la Terre”. Ça arrive, des fois.

Bête erreur ou coup du destin, allez savoir. Toujours est-il que ce lapsus écrit a allumé une lumière dans l’esprit de la responsable. Et rapidement engendré un projet fort prometteur. Car cette “Journée de la Terre” s’adonne à être mercredi…

«Je me suis alors demandée ce qu’on pourrait faire à la maison. Avec le comité de l’environnement de la ville, on a réfléchi sur comment on pourrait informer les citoyens, piquer leur curiosité et leur donner des outils simples qu’on peut faire chez soi, même en confinement», raconte-t-elle.

Le résultat va donner un Jour de la Terre virtuel, à travers la page Facebook de la Ville de Shippagan.

À travers le thème «Célébrons la Terre par l’action!», les citoyens y verront chaque heure des capsules vidéos à compter de 9h et d’une durée variable sur divers thèmes liés à l’environnement. On y parlera du concept de zéro déchet, du jardinage, du compostage, du transport actif, des produits locaux, des huîtres et, peut-être le plus important de tous, l’engagement personnel et collectif. Plusieurs trucs et liens utiles seront aussi partagés.

«On espère semer une graine dans l’esprit des gens. On souhaite qu’à la fin de la journée, ils prennent un engagement vert, peu importe. Ils verront ces vidéos dans le confort de leur maison et ça va les aider à passer le temps en période de confinement. On leur lance un défi et on veut enlever cette barrière qui veut que faire quelque chose de bien pour l’environnement, c’est difficile», explique la responsable.

Le premier défi sera d’ailleurs de fabriquer une oeuvre d’art avec ce qui a été ramassé dans la cour. Une belle façon de mettre en pratique les conseils de récupération.

Dans les conditions actuelles, Mme Ferron-Roussel prétend que cette initiative virtuelle rapprochera la communauté vers des choses plus simples et plus utiles. Par exemple, faire un jardin dans sa cour arrière et y planter quelques légumes qui seront servis à la table. Ou trouver une recette de pain facile à mélanger à la maison.

«Je crois qu’avec tout ce qui se passe présentement, les gens sont plus réceptifs. Peut-être que le normal d’avant le confinement n’était pas un bon normal et qu’il est temps de revenir à des choses plus simples. On est peut-être en train de réaliser aussi à quel point nous sommes dépourvus de ces connaissances, comme faire du pain comme grand-mère le faisait. Notre but n’est pas nécessairement de faire de Shippagan la cité la plus verte, mais d’agir en sorte qu’elle devienne de plus en plus verte», souligne la porte-parole.