La pêche au homard débutera dans trois semaines

La pêche au homard ouvrira au plus tôt le 15 mai à 6h dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, annonce Pêches et Océans Canada. De leur côté, les crabiers vont entamer leur saison comme prévu ce vendredi à 10h.

Un avis a été émis mercredi matin pour la pêche au homard.

La date d’ouverture pour le homard pourrait être reportée de quelques jours si les conditions météorologiques ne sont pas favorables.

La pêche fermera le 30 juin.

L’avis concerne notamment la zone 23, qui couvre la région Chaleur, la Péninsule acadienne et une partie du comté de Northumberland. Les zones 24 et 26, au large de l’Île-du-Prince-Édouard, sont aussi concernées.

«Avec ces délais, nous maintenons une date d’ouverture commune pour les pêches au homard dans la région du Golfe, contribuant ainsi à assurer une coopération continue au sein de l’industrie. Les heures supplémentaires permettront aux usines de transformation de préparer leurs installations et leur main-d’œuvre pour la saison à venir et permettront à tous les membres de l’industrie de mettre en place les mesures de santé et de sécurité nécessaires en réponse à COVID-19», explique Bernadette Jordan, ministre fédéral des Pêches et des Océans.

Normalement, la pêche au homard ouvre vers le début mai, mais compte tenu la situation entourant la pandémie de la COVID-19, plusieurs acteurs clés de l’industrie demandaient à Pêches et Océans Canada de reporter l’ouverture d’au moins deux semaines.

Quant à la pêche au crabe, les membres du comité de la date d’ouverture ont tenu une téléconférence mercredi en fin de matinée. Comme prévu, ils prendront la mer dès vendredi matin. Selon Environnement Canada, la météo s’annonce favorable ce week-end.

La pêche prendra fin le 1er juillet à minuit. Tous les casiers devront être retirés de l’eau avant la fin de la journée du 30 juin. Il est donc interdit de retirer les casiers de l’eau après le 30 juin, mais le débarquement des casiers et du crabe peut s’effectuer le 1er juillet.

Pêches et Océans Canada s’engage toujours à soutenir l’industrie de la pêche et de l’aquaculture durant ce temps difficiles. Plus de mises à jour sont à confirmer au cours des prochaines semaines quant aux mesures prévues pour assurer la sécurité des pêcheurs et des travailleurs.

Plus de temps

Au cours des dernières semaines, plusieurs voix du milieu de la pêche au homard en Atlantique se sont levées pour demander le report de la saison. La santé et la sécurité des travailleurs de l’industrie sont au cœur des préoccupations, mais aussi l’accès aux marchés internationaux.

«Le 15 mai, c’est trois semaines environ. Ça nous donne plus de temps pour évaluer la situation. C’est certain qu’à la base, la priorité c’est la santé et la sécurité des travailleurs de la mer, que ce soit dans les usines ou sur les bateaux et quais. Si on peut l’atteindre, on s’attaquera à la question des marchés par la suite», dit Martin Mallet, directeur général de l’Union des pêcheurs des Maritimes.

«On s’entend que le produit est majoritairement destiné à l’exportation. Les restaurants, les croisières, les hôtels et ainsi de suite sont pratiquement tous fermés. Environ 70% du homard est exporté aux États-Unis et les marchés sont fermés. C’est la même chose en Europe. Une partie du marché commence à rouvrir en Chine, mais c’est une fraction du total du homard pêché en Atlantique. De son côté, le président des États-Unis, Donald Trump, affirme depuis quelques jours qu’il souhaite rouvrir l’économie de son pays à compter du 1er mai, mais il reste plusieurs obstacles à surmonter.»

«On ne sait pas ce que ça implique cette réouverture. Si le secteur de la restauration ne reprend pas, il va y avoir des défis au niveau du volume qu’on pourra écouler sur les marchés.»

Travailleurs d’usine inquiets

Avec la pêche au crabe qui commence vendredi, les travailleurs d’usine de crabe devront également reprendre le travail au début de la semaine prochaine. Jean-Maurice Leclair est le président du syndicat de travailleurs de l’usine Ichiboshi, à Caraquet. Pour le dire simplement, Jean-Maurice Leclair est reconnaissant des mesures prises par son employeur pour protéger les travailleurs.

Ils seront notamment fournis avec de l’équipement de protection individuelle et l’entreprise a instauré diverses mesures, comme la prise de température des employés et le contrôle des entrées et sorties.

Cela dit, le travailleur d’usine d’expérience demeure inquiet. Il aurait préféré que le gouvernement fédéral annule tout simplement la saison de pêche au nom de la sécurité et de la santé de la population.

Des cas de transmission de la COVID-19 ont eu lieu à l’intérieur de plusieurs usines de transformation d’aliments en Amérique du Nord. Près de chez nous en Gaspésie, six employés de l’entreprise E.Gagnon et Fils ainsi qu’un homme de pont, ont été atteint de la maladie au début avril. Après plus de deux semaines d’arrêt, l’usine a repris ses activités en début de semaine.

«Les travailleurs sont inquiets de rentrer au travail. Il y en a qui ne rentreront pas. Il y en a qui m’ont appelé en larmes. Ils ont peur.»

Bien que la COVID-19 semble avoir épargné la Péninsule acadienne jusqu’à maintenant, Jean-Maurice Leclair craint une éclosion de la maladie dans la région. Afin d’accumuler suffisamment d’heures de travail pour être admissibles aux prestations de l’assurance-emploi à l’automne, plusieurs travailleurs saisonniers n’ont pas un seul emploi. Il est fréquent qu’ils travaillent dans 2 ou 3 usines, fait-il savoir.

«Ça fait beaucoup de déplacements. Il y a donc plus de risques que les gens tombent malades dans la Péninsule acadienne. Je ne peux parler pour les autres endroits, mais je sais que chez nous, il y a des gens qui vont aussi travailler à Grande-Anse, à Saint-Simon, même à Néguac. Ils veulent avoir le maximum de semaines pour avoir le chômage.»

Étant donné la situation mondiale et les questions entourant la demande à l’internationale pour les fruits de mer du Nouveau-Brunswick, M. Leclair se demande si les travailleurs parviendront même à accumuler le nombre de semaines nécessaires pour se qualifier à l’assurance-emploi.

«Nous ne sommes pas des millionnaires. On survit à peine. On ne peut pas tous travailler pour le gouvernement ou être médecins ou avocats.»