Partage des coûts des infrastructures: Dalhousie seule dans son camp

Dalhousie a échoué dans sa tentative d’emmener les membres de la Commission de services régionaux du Restigouche à prendre part à une étude portant sur le partage des coûts des infrastructures sportives et récréatives.

«Est-il possible de trouver une formule pour assurer un financement régional de certaines infrastructures sportives et récréatives existantes?»

C’est en somme la question que le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, a posée à ses homologues du Restigouche lors de la dernière rencontre de la commission. Celui-ci a soutenu que des fonds (par le biais de l’Association francophone des municipalités du N.-B.) semblaient être disponibles pour concevoir une telle étude. Pour lui, c’est une occasion peu coûteuse d’avoir un portrait clair et lucide de la situation.

Avec sa proposition, M. Pelletier avait espoir de voir la CSR-Restigouche postuler pour les fonds destinés à financer l’étude.

«Car dans le fonds, ça n’engage personne. Ce n’est que pour en avoir le cœur net, voir comment on pourrait partager les coûts», explique le maire.

L’idée, selon lui, c’est de voir comment les communautés du Restigouche pourraient s’entraider financièrement afin d’assurer la viabilité de certaines infrastructures. Chez lui, il est évidemment question du Palais des glaces Inch Arran et du Récréaplex (piscine et centre d’entraînement). Il inclut toutefois dans son raisonnement le Centre civique de Campbellton et possiblement d’autres infrastructures comme, par exemple, le chalet des Aventuriers de Charlo (ski de fond).

Ce n’est pas la première fois que le maire prend le micro à la CSR-Restigouche pour soulever de l’épineux dossier des infrastructures sportives et récréatives. Chaque fois cependant, son désir d’aborder la question s’est soldé par une fin de non-recevoir et un accueil plutôt froid de certains membres. Son prédécesseur avait lui aussi abordé ce sujet à quelques reprises à cette même table sans connaître davantage de succès.

Cette fois-ci n’est pas différente des autres pour M. Pelletier. Les membres de la CSR-Restigouche n’ont pas voulu s’aventurer dans cette voie.

Le président de la commission et maire d’Eel River Dundee, Denis Savoie, a notamment soutenu que la CSR-Restigouche n’était pas le cadre idéal pour discuter de cet enjeu ni pour postuler pour les fonds. Il a plutôt invité son homologue de Dalhousie à cogner aux portes de ses voisines afin de voir si elles sont intéressées de partager toute forme de coûts et services.

«Je n’essaye pas de pousser ce sujet sous le tapis, mais il serait préférable de discuter directement avec les municipalités avec lesquelles vous désirez partager des coûts ou des services, et ensuite demander une étude. C’est valable pour Dalhousie, mais aussi n’importe quelles autres municipalités de la commission qui aurait un désir similaire», a souligné M. Savoie.

Son collègue de Balmoral, Charles Bernard, a pour sa part été plus catégorique. «Ce que demande Dalhousie c’est s’il y a un appétit à Balmoral pour partager les coûts (de certaines infrastructures). La réponse est non, nous n’avons aucun appétit pour ça», a tranché le maire.

Il va de soi qu’il ne s’agissait pas de la réponse espérée par le maire de Dalhousie. En entrevue, il a avoué trouver décevant que la CSR-Restigouche n’ait pas voulu piloter ce dossier qui ne se limitait pourtant pas qu’à sa communauté.

«Nous sommes tous là autour de la table afin d’améliorer notre région, mais, malheureusement, il y a des sujets tabous que certains préfèrent éviter. Mais ce n’est pas en évitant des questions qu’elles vont disparaître pour autant. Et d’ailleurs, pourquoi se braquer avant même de voir ce que l’étude suggère?», estime le maire, trouvant que la commission a manqué à son rôle.

«On parle sans cesse que le mandat ne touche que les nouvelles infrastructures et non les anciennes. Pourtant, on a tous mis de l’eau dans notre vin – municipalités et DSL – pour appuyer financièrement l’aéroport de Charlo, une infrastructure régionale existante. Dans ce dossier, les communautés n’ont pas regardé que leur petit nombril, elles ont travaillé pour le mieux-être régional, et c’est comme ça que ça devrait être. Je crois que nos arénas et nos piscines le sont également, et qu’on ne puisse pas en débattre pour trouver des solutions est choquant», dit M. Pelletier, croyant pertinemment qu’il y a moyen pour les communautés du Restigouche de travailler ensemble afin de ne pas perdre les infrastructures acquises.

Dialogue

Qu’à cela ne tienne, le maire entend aller de l’avant afin de déterminer une formule de partage des coûts raisonnables pour ses infrastructures. Il entend ensuite effectuer des présentations aux communautés voisines.

Celui-ci soutient en effet privilégier l’approche du dialogue plutôt que d’imposer des frais aux utilisateurs comme en a décidé Campbellton. Cela dit, advenant une impasse, il n’écarte pas non plus cette avenue.

«On pourrait imposer des frais aux non-résidents dès maintenant si on voulait, mais on préfère discuter de solutions régionales plutôt que de moyens de pression. Cela dit, si on attend qu’une municipalité ait de l’appétit pour partager des coûts, on risque d’attendre très longtemps. On est donc prêt à envisager d’autres options au besoin», dit le maire.