Trudeau annonce la fermeture du marché des armes à feu de type militaire

Le premier ministre Justin Trudeau annonce la fermeture du marché des armes d’assaut de type militaire au Canada.

« Donc, à partir de maintenant, il n’est plus permis de vendre, d’acheter, de transporter, d’importer ou d’utiliser des armes d’assaut de type militaire au Canada », a déclaré M. Trudeau, vendredi.

Ce changement, fait par voie réglementaire, est effectif immédiatement. Il s’applique à 1500 modèles et variantes d’armes d’assaut de type militaire.

Parmi les modèles prohibés, on retrouve des modèles qui ont servi à perpétrer des tueries de masse au Canada et à travers le monde.

Une période de grâce sera cependant accordée aux personnes qui possèdent ces types d’armes.

« Pour protéger les propriétaires d’armes à feu respectueux des lois de toute responsabilité criminelle, une période d’amnistie de deux ans sera établie pour qu’ils puissent se conformer à cette nouvelle réglementation », a précisé M. Trudeau.

Le gouvernement prévoit par la suite déposer une loi pour un programme de rachat pour les propriétaires d’armes d’assaut de type militaire.

Des hauts fonctionnaires du gouvernement ont confirmé, lors d’une séance d’information technique, que les propriétaires pourraient également bénéficier d’une clause de droits acquis sur leur arme.

La perspective que ce programme se fasse sur une base volontaire suscite des craintes auprès des survivants des tueries de masse.

Nathalie Provost, porte-parole de PolySeSouvient, estime qu’une telle décision serait une « déception » pour les militants qui réclament un meilleur contrôle des armes à feu depuis 30 ans.

« Cela pourrait signifier que les dizaines de milliers d’armes d’assaut resteront entre les mains de leurs propriétaires actuels, pendant des générations », déplore Mme Provost.

Cette annonce du gouvernement fédéral survient moins de deux semaines après la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du Canada. Un tireur en liberté a fait 22 morts et de nombreux blessés en Nouvelle-Écosse.

Réagissant à l’annonce, l’opposition conservatrice a accusé M. Trudeau d’utiliser cette tragédie pour « promouvoir l’ordre du jour idéologique des libéraux » et de renier le rôle du Parlement.

Le chef Andrew Scheer juge que les mesures annoncées vendredi n’auraient rien changé à la situation du tireur en Nouvelle-Écosse, puisque toutes ses armes à feu étaient illégales.

« Le fait est que la grande majorité des crimes armés sont commis avec des armes à feu obtenues illégalement. Rien de ce que les libéraux de Trudeau ont annoncé ne répond à ce problème », déplore M. Scheer.

« Confisquer les armes à feu des citoyens respectueux des lois ne fait rien pour arrêter les dangereux criminels qui se procurent des armes illégalement », ajoute-t-il.