Les achats en ligne de plus en plus populaire au N.-B. comme partout ailleurs

Les livreurs sont débordés, les ruptures de stock nombreuses et les expéditions souvent retardées. Depuis le début du confinement, le commerce en ligne explose. Voici quelques Acadiens qui contribuent au phénomène.

Assise dans son salon, maintenant devenu poste de travail, Annick Savoie aperçoit un camion de livraison ralentir près de chez elle.

«Ici, j’en vois au moins cinq par jour, soit FedEx, Postes Canada, Purolator ou UPS. Chaque fois, je deviens vraiment excitée parce que j’attends plusieurs colis», a rigolé la jeune femme de Moncton.

Depuis le début de la crise, Mme Savoie s’est fait plaisir avec quelques achats, dont des vêtements, des costumes de bains, des huiles essentielles, des produits pour le soin de la peau et de l’équipement de sport.

Elle confie que le jour de la livraison est toujours un moment très attendu, voire une motivation en cette période difficile.

«Lorsque mon paquet arrive finalement à ma porte, c’est tellement le fun. Ces jours-ci, ça me donne l’occasion d’avoir hâte à quelque chose.»

L’étudiante en biologie précise que le phénomène ne reflète pas uniquement la soif de consommer.

«Il y a aussi des gens qui commencent de nouvelles activités pour se divertir et qui ont besoin d’équipement. Moi, par exemple, j’ai voulu recommencer à courir, mais mes souliers étaient trop petits, donc j’ai dû me tourner vers le commerce électronique.»

Peu importe la raison d’un achat, Mme Savoie reconnaît que le magasinage virtuel peut être relaxant et divertissant, surtout en confinement.

Annie-Julie Violette, une jeune femme de Bathurst, est du même avis.

Non seulement le magasinage en ligne représente une option pratique, soutient-elle, il est aussi une sorte de passe-temps.

«Je pense qu’on achète même plus qu’à l’habitude puisqu’on n’a rien à faire (…)», a-t-elle stipulé.

Depuis son retour au bercail au mois d’avril, Mme Violette a dû sortir son portefeuille à plusieurs reprises.

«J’étudie à Québec et lorsque mon université a fermé, j’ai voulu revenir voir ma famille tout de suite (…) Malheureusement, j’ai seulement amené le minimum avec moi parce que je pensais seulement être ici pour deux semaines.»

En attendant de pouvoir récupérer ses valises, la jeune femme se fie alors au web pour remplir sa garde-robe.

Confinée chez elle, à Bathurst, Danie Pitre parcourt elle aussi les rayons virtuels de ses boutiques préférées.

Dans son panier, on peut trouver des vêtements, une montre, de la nourriture pour son chien et des produits cosmétiques.

«Je dirais que je magasine environ une à deux fois par mois (…) soit deux fois plus souvent qu’en temps normal».

Cette dernière considère qu’elle a déjà trop dépensé depuis le début de la crise.

«Recevoir des paquets lorsqu’on est coincé à la maison, ça met du positif», s’est-elle toutefois justifiée.

Les femmes ne sont pas les seules à contribuer au phénomène.

Jonathan Roy, un homme de Petit-Rocher, témoigne lui aussi qu’il se gâte plus souvent qu’à l’habitude ces temps-ci.

En plus d’avoir commandé des figurines de collection pour son plaisir personnel, il a récemment fait l’achat de casse-tête et de peintures diamants pour divertir sa famille.

À savoir pourquoi, selon lui, le commerce électronique est plus populaire que jamais, M. Roy soulève l’ennui, la peur de sortir en public et le manque de disponibilité en magasin.

«Souvent, même lorsque la livraison n’est pas gratuite, les prix sont meilleurs en ligne», a-t-il ajouté.

Pour sa part, Cameron McLean s’en tient au minimum quant au magasinage en ligne.

Il dit avoir commandé quelques jeux vidéo et livres auditifs, mais tente autant que possible de rester fidèle aux commerces locaux.

«(…) J’espère que la situation incitera les petites entreprises à suivre le mouvement et qu’on verra plus de magasinage et de livraison locale dans le futur» , a-t-il rétorqué.

L’homme de Bathurst avoue cependant arpenter le web à la recherche d’une yaourtière.