Les vacanciers vont manquer à l’économie locale

Bien que l’absence des résidents saisonniers risque d’avoir un impact sur plusieurs petites communautés de la Péninsule acadienne et d’ailleurs, les maires de certaines municipalités préconisent la sécurité et la santé des citoyens avant tout.

Il y a quelques jours, le premier ministre Blaine Higgs a évoqué la possibilité de laisser passer aux frontières ceux qui possèdent une résidence secondaire au Nouveau-Brunswick, mais qui ne sont pas des résidents permanents de la province.

Les municipalités de Grande-Anse et de Sainte-Marie-Saint-Raphaël comptent plusieurs atouts, dont de belles plages qui sont appréciées par les gens d’ici et ailleurs. De nombreux chalets appartenant à des résidents d’autres provinces se trouvent dans ces municipalités.

L’arrivée des propriétaires change toujours la dynamique de ces localités au début de l’été.

«Nous sommes une région côtière et il y a beaucoup de gens qui ont des chalets ici. S’ils ne viennent pas, c’est certain qu’il va y avoir un impact sur l’économie. Ils font des achats dans les magasins, ils créent un peu d’achalandage dans le village», explique Bernard Savoie, maire de Sainte-Marie-Saint-Raphaël et propriétaire d’une boucherie et petite épicerie dans le village.

Malgré tout, M. Savoie croit que la décision du gouvernement Higgs de restreindre les entrées et les sorties dans la province est la bonne. La population de cette localité sur l’Île Lamèque est vieillissante. Selon le recensement de 2016, l’âge moyen de la population s’élevait déjà à 48,2 ans. D’après les organismes de la santé publique, les personnes âgées de 65 ans et plus sont plus à risque des effets néfastes de la COVID-19.

«Je ne suis pas prêt à dire qu’on devrait rouvrir les frontières. La santé et la sécurité de mes citoyens, ça ne se discute pas. On n’est pas un gros village.»

Au cours des dernières semaines, Gilles Thériault, maire de Grande-Anse, a reçu des appels de résidents saisonniers à la recherche de renseignements.

«C’est certain qu’ils aimeraient venir pour profiter de leur chalet cet été, mais c’est comme je leur ai expliqué, au niveau du Village, nous sommes d’accord pour le moment avec la politique du gouvernement provincial, c’est-à-dire d’avoir un contrôle serré sur les frontières. Par contre, si jamais la situation s’améliore au Québec, particulièrement dans la région de Montréal, on serait d’accord que ces gens puissent venir ici, à condition de suivre les consignes imposées par la santé publique.»

Bien que les propriétaires de résidences secondaires ne soient pas nombreux à Grande-Anse, leur présence représente un apport économique non négligeable à la région, tout comme les touristes de façon générale.

«C’est vraiment la saison touristique qui apporte de l’eau au moulin. On ne s’attend vraiment pas à une grosse saison touristique.»

La municipalité compte profiter de l’été tranquille pour poursuivre un projet d’embellissement sur le site du centre d’information touristique où se trouve le célèbre phare aux couleurs acadiennes.