Logement: la fin de la protection contre les expulsions arrive à grands pas

Tel que prévu, la clause qui interdisait à un propriétaire d’expulser un locataire pendant l’état d’urgence prendra fin le 31 mai. Cela devait arriver tôt ou tard, selon le premier ministre Blaine Higgs.

À la fin du mois, les propriétaires de logements pourront à nouveau donner des avis d’expulsions à leurs locataires en cas de loyer impayé.

Même si l’état d’urgence est toujours en place et que plusieurs Néo-Brunswickois ne sont toujours pas de retour au boulot, cette protection devait se terminer un jour pour assurer un retour à la normale, selon le premier ministre Blaine Higgs.

«L’idée était de passer au travers de la crise sans être dans une situation où des gens n’ont nulle part où aller en pleine pandémie», dit-il en anglais lors d’un point de presse.

Il assure que le gouvernement garde le contact avec les propriétaires de logement. Il dit vouloir s’assurer que les propriétaires et les locataires suivent les directives du gouvernement et que les gens aient un endroit où habiter en cas d’expulsion.

«On a un filet social important dans la province et on est chanceux de l’avoir, mais à un certain moment on doit retourner à la normale», répète-t-il.

Il ne croit pas qu’il y ait de raison valable pour étendre cette protection.

«On n’en a pas parlé, mais je suis certain qu’on va en parler dans les jours à venir.

Le Tribunal sur la location de locaux d’habitation, qui sert de médiateur en cas de désaccord entre un locataire et le propriétaire de son logis, a redoublé d’efforts pendant l’état d’urgence pour rappeler aux locataires qu’ils doivent toujours payer leur loyer.

Lorsqu’un locataire n’a pas les moyens de payer la totalité de son loyer, les médiateurs se chargent d’établir un plan de paiement entre les deux parties.

Pendant l’état d’urgence, les médiateurs de loyers sont intervenus dans 223 cas de ce genre. Ils ont réussi à établir un accord de paiement dans 40% des cas, selon Valerie Kilfoil, porte-parole de Service Nouveau-Brunswick.

Le 60% qui reste ne représente pas nécessairement des échecs dans les négociations, puisque les locataires ne répondent pas toujours aux médiateurs et qu’il est alors impossible d’entamer un dialogue.

«Nous continuons à intervenir dans des cas de non-paiement de loyer à tous les jours avec les propriétaires et les locataires», a fait savoir la porte-parole par courriel.

Comme les demandes d’expulsion pour non-paiement de loyer ne seront traitées qu’à partir du 31 mai, il faudra attendre à cette date pour savoir combien de personnes seront affectées par la fin de cette protection.

En avril 2020, Téléservices a répondu à 3246 appels liés aux services offerts par le Tribunal sur la location de locaux d’habitation, tous services confondus.