Des produits du jardin au profit des plus démunis

Marie Marto est émue à la vue de la terre retournée sur son terrain. D’ici quelques mois, la récolte sera distribuée à des familles dans le besoin.

La résidente de Shemogue cultive neuf acres de terre aux abords de la route 15. Au fils des ans, elle y a installé des vignes, une foule d’arbres fruitiers et un poulailler abritant une vingtaine de poules. Elle termine désormais la plantation de son nouveau potager.

On y trouve de tout: patates, carottes, tomates, betteraves, courges, navets, concombres, kale, épinards.

Marie Marto souhaite voir perdurer l’entraide et la solidarité dans les campagnes. – Acadie Nouvelle: Simon Delattre

Bientôt, le fruit de son travail sera donné chaque semaine aux comités d’entraide des églises Sainte-Thérèse-d’Avila et Faith Life de Cap-Pelé.

«Ici, tout est gratuit, je voulais semer de l’amour», s’amuse Marie Marto.

Cette artiste professionnelle âgée de 67 ans souhaitait faciliter l’accès à des produits frais aux clients des banques alimentaires.

«Malheureusement, ils reçoivent souvent la même boîte, les mêmes conserves», lâche-t-elle.

L’instigatrice du projet qu’elle souhaite «100% écologique» a su dénicher des partenaires pour obtenir des graines, du fumier et de l’engrais à base de coquilles de homard.

Plus surprenant, l’un des derniers laboureurs traditionnels de la province, Norbert Bourque, a accepté de l’aider à préparer la terre. L’agriculteur à la retraite est venu effectuer les labours et le hersage avec l’aide de sa charrue et de son attelage de chevaux de trait.

«C’est un spectacle inhabituel, on ne voit plus ça depuis très longtemps. Quand il est venu travailler, les voitures s’arrêtaient pour regarder, ç’a attiré plusieurs curieux!»

Son initiative se veut aussi une invitation au retour à la terre.

Norbert Bourque est l’un des rares Néo-Brunswickois à continuer de labourer la terre avec une ancienne charrue. – Gracieuseté Gilles Gallant

«La vie disparaît de nos campagnes, l’agriculture familiale a été tuée, on ne voit plus les enfants jouer dehors. Dans le passé, les familles se rassemblaient pour labourer les champs. J’aimerais que l’on puisse renouer avec cette solidarité», confie Marie Marto.