Incendie de Val-Comeau: coup de massue pour les homardiers

L’incendie majeur dans une usine de transformation de fruits de mer, jeudi, à Val-Comeau, a l’effet d’un autre coup de massue pour l’industrie du homard, qui traverse déjà une saison difficile en raison de la COVID-19.

Une soixantaine de pêcheurs faisaient affaire avec cette usine qui a disparu en flammes.

Vendredi matin, Emmanuel Moyen, un organisateur de l’Union des Pêcheurs Maritimes (UPM), est allé à leur rencontre aux quais.

«C’est sur qu’hier (jeudi) il avait beaucoup beaucoup d’émotions. Tout le monde était vraiment pris dans l’incertitude, mais ce matin j’ai fait la tournée des quais (…) et il y a des solutions temporaires qui surgissent», a-t-il témoigné.

Si certains ont décidé de diminuer leurs prises, vendredi, d’autres n’ont pas pu prendre la mer par défaut d’avoir un endroit ou transformer leur produit.

«On me dit que l’industrie est en train de discuter à savoir comment faire pour absorber les homards que ces pêcheurs vont rapporter», s’est-il encouragé.

À la suite d’une journée difficile, ce dernier s’est dit plus optimiste après avoir discuté avec les pêcheurs.

«Je pense que les gens qui vivent dans les communautés côtières ont la capacité remarquable de retomber assez rapidement sur leurs pieds. On n’est pas sortie de cette crise, mais on voit déjà une réaction positive.»

Outre les pêcheurs, l’incendie impacte évidemment les quelques 250 employés qui travaillaient à l’usine Les Pêcheries de Chez Nous.

Durant le point de presse du gouvernement provincial, vendredi, le premier ministre Blaine Higgs a promis de travailler avec le département d’Agriculture, Aquaculture et Pêches ainsi que celui de l’Éducation postsecondaire, Formation et Travail afin d’aider ses travailleurs à se relocaliser.

«En fait, j’ai parlé à Paulin Savoie, le gestionnaire, juste avant cette conférence de presse, et nous avons discuté des conséquences dans la collectivité et ce que nous pouvons faire pour aider. Ce gestionnaire m’a dit qu’il travaillait avec les pêcheurs et d’autres usines de la région afin de trouver une manière d’assurer la transformation de poissons. J’étais très encouragé par son optimisme», a-t-il ajouté en anglais.

Des entreprises de la région ont aussi tendu la main aux travailleurs.

L’entreprise Bolero Shellfish Processing, par exemple, a affiché 50 postes à long terme, vendredi.

«Nous devrions avoir 42 travailleurs étrangers mexicains, mais Higgs nous a coupé l’herbe sous les pieds (…)», a commenté Serge Haché, le directeur de l’usine.

«Là, avec le malheur qui s’est acharné sur Val-Comeau, on s’est dit qu’on pouvait certainement aider.»

Ce n’est pas la première fois que l’usine Bolero intervient de cette façon.

En 2017, suite à l’incendie de l’usine Fish Product, à Miscou, elle avait aussi offert plusieurs postes.

Perte totale

Jeudi, après 15h, un grand nuage de fumée noir s’est dessiné au-dessus de l’usine de transformation, située dans la municipalité de Tracadie.

Les services d’incendie de Tracadie, Néguac, St-Isidore, Paquetville et Notre-Dame-des-Érables se sont déplacés pour maîtriser les flammes, qui ont fait rage jusqu’à environ 18h.

Les officiers du Département des Ressources naturelles, Ambulance Nouveau-Brunswick, l’Agent des arrêtés et les officiers de la GRC ont aussi participé à l’opération.

La municipalité de Tracadie s’est tournée vers Facebook pour les remercier.

«Grâce aux efforts et au travail collaboratif des pompiers et des différents organismes de service d’urgence présent lors de l’incendie de la rue du Quai de Val-Comeau, l’incendie majeur a pu être maîtrisé. Nos pensées sont avec, les propriétaires, les pêcheurs et les travailleurs éprouvés lors de cet incendie.»

L’Acadie Nouvelle a contacté la GRC afin de savoir où en était l’enquête, mais celle-ci n’était pas joignable, vendredi.

Aux dernières nouvelles, le feu se serait déclaré dans l’une des trois sections du bâtiment, mais on en ignore toujours la cause.