Travailleurs étrangers temporaires: Blaine Higgs fait marche arrière 

Le gouvernement Higgs annule l’interdiction d’entrée des travailleurs étrangers temporaires.

Le premier ministre a annoncé vendredi en point de presse que ces travailleurs pourront venir au Nouveau-Brunswick à compter du 29 mai.

Dès leur arrivée dans la province, ils devront s’auto-isoler pendant 14 jours avant de pouvoir aller dans les champs ou les usines de transformation de fruits de mer.

Blaine Higgs avait causé la surprise le 28 avril en leur fermant les frontières afin de réduire les risques de propagation de la COVID-19.

Il avait invité les Néo-Brunswickois au chômage en raison de la pandémie à se porter volontaires pour les remplacer. La décision ne touchait pas les quelque 1500 travailleurs étrangers temporaires se trouvant déjà dans la province.

Blaine Higgs a affirmé vendredi qu’il a consulté des experts en santé publique et que cela a pesé dans la balance.

«Nous avons déterminé que le risque pour les gens du Nouveau-Brunswick est maintenant faible, tant et aussi longtemps que des mesures de sécurité strictes demeurent en place.»

De plus, a-t-il dit, la population ne s’est pas ruée sur les emplois qui auraient été occupés par les travailleurs étrangers temporaires interdits d’entrée dans la province.

«Le nombre d’emplois offerts et le nombre de travailleurs disponibles ne concordent pas», a-t-il dit vendredi.

Il a aussi dit qu’il a écouté les groupes de fermiers et de transformateurs de fruits de mer. Ces derniers ont crié haut et fort que l’interdiction allait avoir d’importantes conséquences sur leurs activités.

«J’ai compris le message qu’ils ont besoin de travailleurs dès maintenant. Certains peuvent penser qu’il est trop tard. Je pense que l’on peut travailler avec ces groupes pour comprendre leur réalité.»

Une décision bien accueillie dans le milieu agricole

Ce 180 degrés du premier ministre est bien accueilli dans le milieu agricole.

«C’est une bonne nouvelle. Mais je pense que tout le monde dans le secteur le dira; c’est à peu près un mois plus tard qu’on l’aurait souhaité. Ç’a causé des dommages irréversibles sur certaines fermes», affirme la présidente de l’Union nationale des fermiers du Nouveau-Brunswick, Rébeka Frazer-Chiasson.

Elle note que certains fermiers ont déjà apporté des changements à leur production pour l’été 2020 en raison de cette interdiction. De plus, certains travailleurs temporaires ne sont tout simplement plus disponibles.

Le premier vice-président de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick, Marc Ouellet, abonde dans le même sens.

Il se dit «très content» de l’annonce de vendredi, mais croit que cette mesure aura des conséquences négatives malgré sa courte durée.

«C‘est sûr qu’il y a eu du dommage. C’est un retour à la case départ», dit-il en rappelant que ceux qui viendront dans la province dès le 29 mai ne pourront pas travailler avant le 12 juin.

«La prochaine fois, il faudrait que Blaine Higgs consulte nos organisations agricoles au lieu de prendre des décisions unilatérales», affirme Marc Ouellet.

Un revirement «un peu tard» pour les transformateurs de fruits de mer 

La députée libérale de Caraquet, Isabelle Thériault, craint que l’interdiction fasse mal aux propriétaires d’usines de transformation de fruits de mer même si elle n’aura été en vigueur que pendant un mois.

Cette élue, qui est la critique de l’opposition officielle pour les dossiers liés à la pêche, à l’agriculture et à l’aquaculture, estime que l’annulation «arrive un peu tard».

«Le premier ministre a choisi de ne pas écouter les propriétaires d’usines qui avaient pris des dispositions pour faire venir des travailleurs dans la province et maintenant la plupart d’entre eux sont employés en Nouvelle-Écosse. Nous ne pourrons probablement pas faire revenir ces travailleurs», dit-elle.

À l’instar de Marc Ouellet, elle note que les travailleurs étrangers temporaires qui viendront malgré tout au Nouveau-Brunswick dès le 29 mai ne pourront pas être à l’oeuvre avant d’avoir complété leur quatorzaine d’auto-isolement obligatoire.

«Je suis sûr que toute aide sera grandement appréciée, mais la mi-juin est assez tardive dans la saison de pêche et la période des semailles est déjà bien avancée.»