Autre cas de COVID-19, des mesures restrictives imposées dans le Restigouche

Un nouveau cas de COVID-19 a été décelé dans la région du Restigouche, le troisième en moins d’une semaine, ce qui pousse le gouvernement provincial à imposer un retour à la phase orange dans la zone 5.

La zone 5 s’étend de Whites Brook jusqu’à Belledune et comprend Campbellton, Dalhousie, Charlo, Balmoral, Tide Head, Athollville, Eel River Dundee et la Première nation d’Eel River Bar.

La médecin-hygiéniste en chef, Dre Jennifer Russel, a indiqué que les trois cas actifs dans la province, décelés dans la zone 5 au cours des six derniers jours, sont tous liés à un homme dans la cinquantaine – le nouveau cas. Cet homme est un professionnel de la santé et a voyagé au Québec pour des raisons personnelles. Il n’a pas respecté la quarantaine obligatoire à son retour.

Puisque ces cas font toujours l’objet d’une enquête, la Dre Russell ne peut encore donner tous les détails, mais elle a précisé qu’on sait que cette personne a travaillé, entre autres, dans l’Hôpital régional de Campbellton.

«Notre équipe de la Santé publique travaille pour retracer les personnes qui sont entrées en contact avec ces personnes, et nous croyons qu’il y en aura beaucoup dans ce cas-ci. Il y aura probablement de nouveaux cas dans cette région et ailleurs dans la province durant les deux prochaines semaines.»

Mme Russell recommande à la population d’éviter la région du Restigouche et demande aux citoyens de cette région de rester à la maison le plus souvent possible. Des centres de dépistages mobiles seront établis dans la zone 5 cette semaine.

«Si vous ou un membre de votre famille présentez des symptômes, vous devez contacter le 811. Nous ne pouvons pas nous permettre de courir de risques avec ce virus. Il est impératif que les gens se fassent dépister s’ils ressentent des symptômes.»

Le premier ministre Blaine Higgs n’a pas mâché ses mots à l’endroit de l’individu qui a enfreint les directives gouvernementales.

«On parle d’un professionnel de la santé qui a vu plusieurs patients au cours des deux semaines qui ont suivi son retour au Nouveau-Brunswick. La zone 5 est à haut risque à cause des actions irresponsables d’une seule personne.»

«Nous sommes devant cette situation parce qu’un professionnel de la santé a voyagé au Québec pour des raisons personnelles et n’a pas été honnête sur la raison de son déplacement. Il ne s’est pas auto-isolé à son retour. Je veux être clair: il y a encore des règles à suivre. Si on ne les respecte pas, on met tout le monde en danger.»

Le premier ministre Higgs encourage également un maximum de personnes dans la zone 5 de subir des tests de dépistage.

Bien que la Santé publique poursuit son enquête, Blaine Higgs n’a pas écarté la possibilité que des accusations criminelles soient déposées si nécessaire.

«Ça me préoccupe énormément. D’après ce que j’ai compris, on parle d’une violation apparente des règlements. Si c’est le cas, nous irons de l’avant. Si des accusations doivent être déposées, elles le seront.»

La province est également en train de songer à la possibilité de mettre des contrôles routiers dans la zone 5, comme cela a été le cas dans certaines régions au Québec.

«Nous sommes en train de considérer cette possibilité. C’est difficile à faire. Je sais que ç’a été fait au Québec. Nous sommes en train de voir si ces mesures ont été efficaces ou non.»

Le premier ministre a déclaré que les citoyens de cette zone 5 ne devraient se déplacer que pour des raisons essentielles – ce qui exclut la visite chez le coiffeur, a-t-il précisé.

Pour le moment, le gouvernement n’envisage pas d’imposer un retour à la phase orange dans le reste de la province, qui a récemment passé à la phase jaune.

Un enfant et une personne âgée de plus de 90 ans (qui n’habite pas dans un foyer) sont les deux autres personnes atteintes de la maladie. Selon la Dre Russell, ils se portent bien à l’heure actuelle.

Le Nouveau-Brunswick comptait donc mercredi 123 cas de COVID-19, dont 120 s’étaient rétablis jusqu’à cette nouvelle éclosion. Les derniers cas font par ailleurs suite à une manifestation, la semaine dernière, de plus de 400 personnes de Campbellton et des communautés québécoises de Pointe-à-la-Croix et de la Première Nation de Listuguj, en face, appelant à la création d’une «bulle» entre elles.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, a soutenu que cette manifestation sur le pont reliant les deux provinces n’aurait jamais dû avoir lieu. Il a estimé que les nouveaux cas dans la région de Campbellton ne devraient pas affecter le déconfinement dans le reste de la province.

Les règles suivantes s’appliquent à la zone 5 seulement:

  • Une bulle de deux ménages est autorisée.
  • Votre ménage peut se joindre à un autre ménage si les membres des deux ménages en conviennent mutuellement. Vous ne devez pas avoir de contacts étroits avec qui que ce soit d’autre. Vous ne pouvez pas vous joindre à plus d’un ménage (bulle).
  • Les fournisseurs et entreprises de services de santé non réglementés, comme les acuponcteurs et les naturopathes, ne peuvent pas reprendre leurs activités en ce moment.
  • Les entreprises de services personnels, comme les barbiers, les coiffeurs, les spas, les salons d’esthétique, de manucure et de pédicure et les tatoueurs, ne peuvent pas reprendre leurs activités en ce moment.

Fermeture temporaire de l’urgence de Campbellton

L’Hôpital régional de Campbellton ferme temporairement son urgence pendant 24h de même que d’autres services et soins de santé non urgents. Cette mesure a été prise afin de limiter la propagation du virus engendrée par un membre du personnel médical de l’établissement.

«Nous savons que cette décision entraînera son lot d’inconvénients pour les communautés du Restigouche et ses environs. Toutefois, la santé et la sécurité de notre personnel demeurent notre priorité. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour limiter les risques d’une propagation», a déclaré M. Gilles Lanteigne, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité.

Le Réseau de santé Vitalité invite la population à suivre à la lettre les mesures d’isolement, de distanciations physiques, le lavage des mains de même que le port du masque afin d’éviter une deuxième vague potentielle de la COVID-19.

«Nous ne pouvons nous permettre de baisser nos gardes. Le troisième cas annoncé aujourd’hui est en la preuve. Nous devons rester vigilants et travailler ensemble afin d’assurer notre sécurité personnelle et celle d’autrui. Notre bataille n’est pas terminée. Elle ne fait que commencer», a indiqué M. Lanteigne.