COVID-19 au Restigouche: inquiétudes dans la région Chaleur et la Péninsule acadienne

L’inquiétude a grimpé de quelques crans dans la région Chaleur et dans la Péninsule acadienne. L’apparition de cas de la COVID-19 dans la zone voisine du Restigouche depuis le début de la semaine suscite des sentiments préoccupants dans Acadie-Bathurst.

Le maire de Bathurst, Paolo Fongemie, ne cède cependant pas à la panique face à cette nouvelle éclosion du coronavirus à moins d’une heure de route de sa ville. Pourtant, Bathurst est un centre d’affaires majeur dans le Nord, alors que des citoyens provenant autant de l’ouest que de l’est convergent dans les commerces.

«C’est regrettable ce qui se passe dans la région voisine et ce n’est pas le moment de baisser la garde. Oui, l’inquiétude a monté dans la population et on sent un élément de nervosité nouveau. Ça nous rend inconfortables, un peu comme ce l’était en mars lors de l’établissement de l’état d’urgence», a-t-il remarqué.

Dans la Péninsule acadienne, le maire de Bertrand et président du Forum des maires, Yvon Godin, se dit «inquiet comme jamais», une impression qui s’est rapidement propagée dans les communautés du territoire, note-t-il.

D’ailleurs, le village de Bas-Caraquet a rapidement émis un avis à ses citoyens d’éviter la zone touchée après la confirmation de trois nouveaux cas, jeudi.

«Ça augmente notre niveau d’alerte et ça démontre à quel point notre système est fragile. Ça ne prend qu’un cas pour ébranler les règles établies. C’est inquiétant et c’est un sérieux avertissement, surtout auprès de ceux qui croyaient que tout était réglé», a indiqué M. Godin, tout en offrant ses pensées de solidarité aux Restigouchois.

M. Fongemie rappelle les liens étroits entre les trois grandes régions du nord-est, mais il prévient les gens de faire attention pour ne pas créer une peur inutile. Il poursuit que les cas répertoriés confirment qu’il faut continuer à respecter à la lettre les restrictions imposées par le gouvernement et la Santé publique (port du masque, lavage de main et distanciation physique).

«Il faut mettre toutes les chances de notre bord, précise l’élu. Je conviens que les consignes sont fatigantes, surtout pour les communautés proches des frontières. Il faut se faire à cette nouvelle réalité qui pourrait durer de 12 à 18 mois. Il faut garder notre calme, respecter les mesures et rassurer la population en plaçant les choses dans leur contexte. Car il y n’y a même pas une semaine, tout le Nouveau-Brunswick était encore dans le code orange. Si nous cédons à la panique, ce n’est plus la COVID-19 dont on devra se méfier, mais de la santé mentale de notre population.»

Le maire de Bertrand a déjà discuté de la situation avec plusieurs collègues de la Péninsule acadienne. Peu avant Pâques, la région avait effleuré l’idée de fermer ses frontières à tout trafic non essentiel.

«Il y a un risque réel pour la Péninsule acadienne et ce n’est pas intéressant. Oui, Chaleur pourrait en subir davantage d’impacts, mais nos régions sont interreliées. Pour l’instant, nous avons été très chanceux, car nous n’avons pas été atteints par la COVID-19. Mais si ça apparaît et qu’on recule de phase de déconfinement, ça va déprimer du monde, c’est certain», craint-il.