Éclosion de COVID-19 dans le Restigouche: l’Assemblée législative suspend ses travaux

L’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick suspend ses travaux pour au moins deux semaines en raison de l’éclosion de COVID-19 dans la grande région de Campbellton.

Les députés ont pris cette décision à l’unanimité, jeudi matin, en l’absence des trois élus libéraux de la région qui sont retournés s’isoler chez eux par mesure de précaution.

La reprise de la séance a été fixée au 9 juin.

Les députés Gilles LePage, Guy Arseneault et Daniel Guitard n’éprouvent aucun symptôme de la COVID-19 pour le moment, selon leurs collègues.

«Je m’en voudrais de ne pas prendre un moment pour souhaiter tout le meilleur à nos collègues du Restigouche, en espérant que le pire n’arrive pas et que nous puissions contenir la propagation de ce virus», a déclaré le leader parlementaire du gouvernement, Glen Savoie.

La Santé publique a annoncé mercredi qu’un professionnel de la santé de la région de Campbellton avait transmis le virus à de nombreuses personnes après avoir manqué à son obligation de s’isoler pour 14 jours à son retour d’une visite au Québec pour des raisons personnelles.

En date de mercredi, la zone de santé 5 comptait trois cas actifs, tous reliés à cette personne.

Selon le premier ministre Blaine Higgs, l’ensemble des députés doit montrer l’exemple en faisant preuve d’une bonne dose de prudence pour ne pas devenir des vecteurs du virus dans leurs régions respectives.

«Nous vivons tous dans des régions différentes de la province et nous retournons tous dans nos circonscriptions après chaque séance. L’exemple que nous donnons ici est extrêmement important.»

Les députés devront surveiller attentivement l’apparition de symptômes de la COVID-19 et se faire tester au besoin.

Les élus avaient d’abord décidé de fixer la date officielle du retour à l’Assemblée au 15 septembre tout en s’étant mis d’accord pour revenir au travail beaucoup plus tôt si c’était possible.

Ils se sont toutefois ravisés quelques minutes plus tard et ont décidé de miser sur un retour hypothétique le 9 juin pour ne pas envoyer le mauvais signal à la population.

«On demande à tout le monde de retourner au travail, sauf dans la région (de Campbellton) et nous devons également retourner au travail», a confié le chef du Parti vert, David Coon.

M. Coon souhaite que les députés se remettent au travail dès la fin de la période d’incubation du virus, quitte à faire davantage appel à la technologie pour permettre à certains élus de participer aux débats à distance.

Le leader parlementaire adjoint de l’opposition officielle, le libéral Roger Melanson, tient lui aussi à une plus grande utilisation de la technologie à l’Assemblée pour éviter une autre suspension impromptue en raison du coronavirus.

«Il faut investir dans cette technologie là, voyons donc! Soyons sérieux! En 2020, les technologies sont là. Le Parlement canadien à des travaux virtuels. Je pense que le Nouveau-Brunswick est capable d’avancer dans cette époque-là.»

Même si le gouvernement est sur la même longueur d’onde que les partis d’opposition concernant la technologie, certains obstacles techniques pourraient empêcher la reprise rapide des travaux dans deux semaines, selon Glen Savoie.

La diffusion des travaux en mode virtuel pour le public, avec l’interprétation simultanée, est notamment un défi, a-t-il confié.

«Il faut comprendre la technologie qui existe et comment la faire fonctionner. Le coût fait aussi toujours partie du problème.»

«Est-ce qu’on peut y arriver? Absolument, mais ça va prendre un peu de temps et d’argent pour le faire. Nous devons être prudents, mais nous devons y arriver», a indiqué le leader parlementaire du gouvernement.