La lenteur d’UNI à rouvrir sa succursale de Kedgwick cache-t-elle une fermeture définitive?

Des citoyens de Kedgwick craignent que UNI Coopération financière n’utilise le prétexte de la pandémie de la COVID-19 pour procéder à une nouvelle vague de fermetures de succursales, dont celle de leur communauté.

Dans la foulée de la pandémie de la COVID-19, UNI a procédé en mars à la fermeture temporaire de quelques succursales.

Les points de service touchés sont ceux de Bas-Caraquet, de Beresford, d’Edmundston, du chemin Canada, d’Eel River Crossing, de Grand-Barachois, de Grande-Anse, de Kedgwick, de Memramcook, de Moncton (avenue Morton et Université de Moncton), de Paquetville, de Saint-Antoine, de Saint-Basile, de Saint-Jacques, de Saint-Léonard, de Saint-Louis de Kent et de Sheila.

Cette situation n’est pas sans causer un mécontentement à Kedgwick, surtout que celle-ci se trouve en phase de déconfinement jaune, une phase plus permissive pour les commerces et entreprises.

«En passant au jaune, on se serait attendu de voir notre caisse rouvrir ses portes comme ce fut le cas pour d’autres, mais ce n’est pas ce qui s’est produit. Et lorsqu’on pose des questions, les réponses que l’on obtient demeurent floues. J’ai réussi à parler à un responsable au siège social – la mairesse de Kedgwick également –, mais personne n’a pas voulu se prononcer ni sur quand la succursale de Kedgwick allait rouvrir, ni si elle allait simplement rouvrir», explique Guillaume Deschênes-Thériault, un citoyen de l’endroit.

Advenant que la fermeture soit temporaire, celui-ci demande aussi à savoir quels sont les critères pour juger du moment opportun pour la réouverture, toujours considérant que d’autres établissements d’UNI fonctionnent à l’heure actuelle.

Insatisfait des réponses (ou plutôt de l’absence de réponse) d’UNI, il a lancé une pétition demandant une plus grande transparence de la part de l’institution acadienne. Mise en ligne mardi en fin de journée, la pétition avait comme objectif de récolter environ 300 signatures d’ici à sa fermeture lundi prochain. En moins de 24h, elle a été signée par quelque 600 personnes.

«La réponse des gens est incroyable. On voit à quel point l’avenir de cet établissement leur tient à cœur, moi y compris. On a besoin de notre caisse dans notre communauté», souligne-t-il.

Ce qu’il craint, c’est que l’institution financière se serve du prétexte de la COVID-19 pour procéder à une vague de fermetures de succursales en milieu rural.

«Si la fermeture de notre succursale n’est que temporaire, pourquoi ne pas nous le confirmer tout simplement? L’an dernier, UNI a fermé une douzaine de succursales de façon définitive. On a donc peur d’être de faire partie de la prochaine vague, et la pandémie serait alors l’excuse idéale. Mais nous, on n’achète pas ça», note l’instigateur de la pétition.

Le sujet le touche de près. Venant de faire l’acquisition d’une propriété, il a dû effectuer des démarches auprès de sa caisse pour négocier son hypothèque.

«On dit souvent que les succursales, ce ne sont que les personnes âgées qui y tiennent, mais je suis l’exemple que c’est faux. Et je ne suis même pas allé voir ce que la compétition pouvait m’offrir parce que je souhaitais encourager mon établissement local. Sans cet attachement communautaire, sans une succursale dans mon village, ma réflexion aurait probablement été toute autre», dit-il.

Ce dernier concède que Kedgwick n’est pas la seule communauté aux prises avec ce problème, certaines succursales d’UNI n’ayant pas été rouvertes ailleurs en Acadie. Il invite ces communautés à êtres aux aguets.

«Si notre démarche peut éveiller les autres communautés de la province qui vivent la même problématique, tant mieux. Elles sont bienvenues à se joindre à nous», ajoute M. Deschênes-Thériault.

Pas de commentaire

L’Acadie Nouvelle a tenté d’obtenir plus de précision d’UNI Coopération financière par rapport aux motifs justifiant que certains points de services sont ouverts et d’autres non, ainsi que sur intentions vis-à-vis les points de service actuellement fermés.

L’institution a répondu par écrit qu’elle n’accordait aucune entrevue sur le sujet.

«La santé et la sécurité de nos employés et nos membres-clients sont prioritaires. Vu la volatilité de la situation avec le virus, nos points de services demeureront fermés jusqu’à nouvel ordre», a indiqué sa porte-parole, Geneviève Lanteigne, ajoutant qu’elle informera la population de tout changement en temps et lieu.

La porte-parole précise que malgré les points de services actuellement fermés, UNI demeure l’institution financière la plus présente sur son territoire.

«La pandémie entraîne un impressionnant virage numérique partout dans le monde, forçant toutes les entreprises à revoir leurs façons de livrer leurs services. En effet, les individus comme les entreprises ont dû ajuster leurs façons de faire des affaires se tournant vers les solutions numériques pour leurs opérations courantes. Les membres-clients sont de plus en plus nombreux à utiliser les nouvelles solutions mises en place pour leurs transactions courantes, démontrant que l’offre numérique et téléphonique d’UNI est appréciée», fait part Mme Lanteigne.