Agression d’infirmières: procès à nouveau ajourné

Le témoignage vidéo d’un expert dans le procès de Randy Van Horlick a été ajourné. La défense n’a pas averti les employés de la Cour à temps pour qu’ils puissent préparer le système de vidéoconférence.

Le procès qui devait se terminer jeudi devra donc attendre jusqu’au 2 juillet.

Bruce Randolph «Randy» Van Horlick, 70 ans, a plaidé non coupable à des accusations de voies de fait ayant causé des lésions corporelles à l’intention de deux infirmières, Natasha Poitier et Teresa Thibeault.

La défense a déjà admis que ces deux infirmières du CHU Dumont ont subi des blessures à cause des actes de Randy Van Horlick le 11 mars 2019, même si ce dernier a plaidé non coupable.

À sa sortie de la cour, son avocat Nathan Gorham a expliqué que le dernier témoignage du procès, qui devait se dérouler jeudi, servira à démontrer que Randy Van Horlick n’était pas conscient de ses actes au moment de l’agression.

L’avocat dit que le Dr Julian Gojer, un psychiatre-légiste, livrera un témoignage d’expert sur la question.

«Il expliquera que parfois, quand une personne subit un stress immense, elle peut avoir une expérience dissociative, perdre connaissance (black out) et ne plus avoir le contrôle volontaire de ses actions.»

L’avocat dit reconnaître qu’il s’agit d’un procès difficile pour «toutes les personnes impliquées» et qu’il ne veut pas minimiser la souffrance qui a été causée.

«Mais en même temps, l’information dont on dispose est que M. Van Horlick est une bonne personne décente qui vivait un stress extrême, et qu’il a eu une expérience dissociative à cause de ce stress», a affirmé l’avocat aux journalistes.

Lors de son témoignage, Randy Van Horlick a expliqué qu’il craignait pour la vie de sa femme, qui était victime d’infections et de crises d’épilepsie lors d’un séjour à l’hôpital.

Il voulait que sa femme soit transférée dans un endroit plus calme de l’hôpital, puisque des infirmières avaient préféré la placer près de leur bureau afin de garder un oeil sur elle.

Il a affirmé qu’il croyait en savoir plus sur les besoins médicaux de sa femme que les professionnels de la santé, même s’il n’a jamais suivi de formation médicale.

Il a dit croire que les employés de l’hôpital étaient «en grande partie» responsables du mauvais état de santé de sa femme. Cette dernière est décédée en décembre 2019.

L’accusé dit être entré dans le bureau de l’infirmière gestionnaire Natasha Poirier, qui gérait cette section de l’hôpital, afin de discuter de l’emplacement du lit d’hôpital de Mme Van Horlick.

Après un bref échange avec l’infirmière, Randy Van Horlick dit que «tout est devenu noir» et qu’il a repris connaissance alors que deux personnes tentaient de le mettre au sol.

Pendant le témoignage de Natasha Poirier, l’infirmière a décrit l’agression qui a duré plus d’une dizaine de minutes. Lors de celle-ci, Randy Van Horlick l’aurait frappée au visage, à la tête et au nez.

Il lui aurait aussi arraché des cheveux et tordu le bras et les doigts, et elle aurait perdu connaissance pendant cette attaque.

L’infirmière Teresa Thibeault aurait aussi subi des blessures alors qu’elle tentait de venir en aide à sa collègue.

La Dre Manon Leroux, médecin de famille de Natasha Poirier, a aussi témoigné pendant le procès. Elle dit que Mme Poirier subit encore les séquelles de ses blessures et qu’elle n’est toujours pas apte à retourner au travail à cause de l’attaque.