«C’est vraiment une terrible maladie», dit le fils de la première victime de la COVID-19

Daniel Ouellette – Ti-Dan pour plusieurs –, âgé de 84 ans de la région de Campbellton, a perdu son combat contre la COVID-19 tôt jeudi matin, devenant du coup le premier néo-brunswickois à succomber au virus dans la province.

Il aurait été utopique de croire que le Nouveau-Brunswick n’aurait aucun décès lié à la pandémie de la COVID-19. Mais même si cela était quasi-inévitable, la nouvelle n’en est pas pour le moins poignante.

Résident du Manoir de la Vallée d’Atholville, Daniel Ouellette a été diagnostiqué porteur du virus au courant du week-end. Il résidait dans la fameuse unité pour personnes atteintes d’Alzheimer frappés par le virus. Son fils, Michel, a confirmé la triste nouvelle de son décès au journal jeudi matin.

«Mon père était résident du Manoir depuis environ deux ans. Il souffrait d’Alzheimer. Ils l’ont testé vendredi à la suite de la découverte de cas positif au sein des employés, et dimanche ils ont dû le transporter à l’hôpital. Mon père positif était positif à la COVID-19 et inconscient lors du transfert. À partir de là, ç’a été extrêmement vite», raconte M. Ouellette, encore surpris de la vitesse à laquelle les choses ont évolué.

Selon les rapports qu’on lui a fournis, son père a rapidement eu beaucoup de difficultés à respirer en raison de la vigueur du virus.

«On est surpris de voir la force avec laquelle a frappé ce virus, comment rapidement ça l’a jeté par terre, car mon père était quand même relativement en bonne santé, en très bonne santé même. C’est vraiment une maladie terrible», souligne le garçon de la victime.

Michel Ouellette n’avait pas vu son père depuis le mois de janvier dernier. Il l’avait alors emmené chez le docteur pour des tests de routine. Par la suite, le virus a fait son apparition au pays. Lui et sa famille ont cessé les visites, préférant ne pas mettre sa sécurité en jeu. Puis il y a eu les mesures de confinements. Au cours des derniers mois, il n’avait plus accès à l’établissement par mesure préventive. Il n’a pu le voir non plus depuis son hospitalisation.

«On n’avait pas accès à l’hôpital, à son chevet. On n’a jamais pu l’approcher et c’est, je crois, ce qui est le plus difficile pour moi et la famille ce matin. C’est dur de passer au travers ça, surtout quand on aurait aimé être là, près de lui, et qu’il est parti sans que ses proches puissent lui dire au revoir. C’est inhumain d’une certaine manière. C’est une maladie terrible, je ne souhaite pas ça à personne. On souhaite sincèrement que ce soit la première et la dernière victime de la province», ajoute M. Ouellette, disant avoir maintenant une pensée particulière pour les autres résidents du Manoir de la Vallée testés positifs.

«C’était un bon vivant, quelqu’un de souriant. Dès qu’il y avait de la musique au manoir, il faisait danser tout le monde. C’est vraiment une grande perte pour nous tous», conclut M. Ouellette.