Jeune femme tuée à Edmundston: une onde de choc jusqu’en Colombie-Britannique

Une femme âgée de 26 ans de la Colombie-Britannique a été tuée par balles lors d’une intervention policière à Edmundston, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Vers 2h30, la police a reçu un appel lui demandant de vérifier le bien-être d’une femme dans un immeuble à logements de la rue Hill, en plein coeur du centre-ville.

Le Vancouver Sun et CBC rapportent que c’est l’ancien petit ami de la victime, qui habite à Toronto, qui aurait demandé à la police de vérifier le bien-être de Mme Moore, celle-ci se disant harcelée.

Le policier qui a répondu à l’appel aurait été confronté sur les lieux par une femme qui tenait un couteau et qui lui aurait proféré des menaces.

Sentant sa vie en danger, l’agent a déchargé son arme à feu sur la victime, tout juste à l’extérieur de l’appartement.

Des efforts de réanimation ont été faits, mais la femme a été déclarée morte sur les lieux.

Inspecteur à la police d’Edmundston, Steve Robinson a expliqué à CBC que lorsque l’agent s’est présenté à l’appartement, la femme est sortie avec un couteau et l’a attaqué.

«Il n’a pas eu le choix de se défendre», a indiqué M. Robinson au sujet du policier impliqué.

Puisqu’une enquête est en cours, la police a refusé de révéler le nombre de coups de feu qui ont atteint la victime.

Des membres de la famille de la victime ont toutefois indiqué au Vancouver Sun que le policier aurait tiré à cinq reprises. Ils ont toutefois ajouté qu’ils ignoraient combien avaient atteint la jeune femme.

On ignore également si un pistolet à impulsion électrique ou du poivre de cayenne aurait pu être utilisé par le policier qui se trouvait seul avec la jeune femme lors de l’intervention. Ce dernier n’a pas été blessé.

La mort de la femme survient dans un contexte de nombreuses manifestations contre la violence policière au Canada et aux États-Unis.

Women’s Wellness Within, un groupe de femmes de Halifax, dit pleurer la mort de la femme.

Selon le groupe, la police ne devrait pas être envoyée pour vérifier le bien-être des personnes, notant que des études ont démontré qu’un grand nombre de décès survenus au cours d’une intervention policière étaient des personnes en détresse psychiatrique.

« Fournir des soins de santé n’est pas quelque chose que la police peut faire, a déclaré le groupe dans un communiqué. Tous les répartiteurs doivent comprendre cela et cesser d’envoyer des policiers. »

Le groupe a déclaré qu’une partie de l’argent dépensé pour la police devrait être réaffectée aux services de santé, aux organisations communautaires, au logement et aux soutiens.

Dans un souci de responsabilité et de transparence pour l’examen indépendant, la GRC du Nouveau-Brunswick fournit un soutien en matière d’enquête et de médecine légale.

La Force de police de Saint-Jean collabore également à l’enquête qui a été instituée, tout comme le Bureau des enquêtes indépendantes du Québec.

Le fait que les policiers d’Edmundston ne portent pas de caméra de corps pourrait toutefois compliquer l’enquête.

Le policier impliqué dans le drame est actuellement au repos et doit être interrogé prochainement.

M. Robinson a indiqué que ce n’est qu’une fois l’enquête indépendante terminée que la direction de la police décidera si des sanctions seront appliquées ou non.

Une autopsie doit être effectuée rapidement, a fait savoir la police.

La victime a été identifiée par des proches comme étant Chantel Moore. Sur son profil Facebook, elle indiquait vivre à Tofino, une petite municipalité située sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique.

Selon Radio-Canada et Global News, Mme Moore venait de déménager à Edmundston pour être plus près de sa mère et de sa fille âgée de 5 ans.

Le Vancouver Sun rapporte qu’elle travaillait dans un hôtel et qu’elle venait d’emménager dans son propre appartement après avoir vécu avec sa mère pendant plusieurs semaines.

«Je n’arrive pas à le croire, a écrit la grand-mère de la victime, Grace Frank, sur Facebook. Ils (les policiers) devaient se rendre à son appartement pour s’assurer qu’elle allait bien, pas pour la tuer.»

«La police parle de légitime défense. Elle (Chantel Moore) n’est pas là pour se défendre. Je n’y crois pas.»

Une tante de la victime, Nora Martin, s’est confiée au Vancouver Sun. Elle a décrit sa nièce comme une personne «douce, gentille et tendre», ajoutant qu’elle peinait à croire que Mme Moore puisse avoir foncé vers un policier avec un couteau.

«Ça ne lui ressemble pas, a dit Mme Martin au quotidien britanno-colombien. Chantel n’avait pas la moindre malice en elle. Je ne me souviens pas qu’elle ait déjà eu des ennuis avec la police ou la justice.

Sur Twitter, la députée fédérale de Churchill-Keewatinook Ask, Niki Ashton, s’est indignée.

«Des accusations doivent être déposées. Justice doit être faite. Quelque chose doit changer», a dit la néo-démocrate qui siège à Ottawa depuis 2008.