Les exportations de homards vers la Chine redécollent

Après une interruption des échanges commerciaux liée à la pandémie, les avions-cargos chargés de homards destinés au marché chinois font leur retour sur les pistes de l’aéroport Roméo-LeBlanc du Grand Moncton.

Un Boeing 747 a fait un passage remarqué au-dessus de Dieppe la semaine dernière. À bord de l’avion, 100 tonnes de homards pêchés sur la côte Atlantique ont pris la direction de l’Asie.

Paul Farrah assure que d’autres suivront dans les prochains jours. L’entrepreneur est à la tête de Partner Seafood et de Xtreme Cold Storage, deux entreprises situées près de l’aéroport international à Dieppe qui exportent du homard et d’autres produits de la mer dans une quarantaine de pays.

«Beaucoup de marchés d’exportation se sont effondrés pour le homard comme pour beaucoup d’autres produits de la mer, explique le PDG. La Chine a été le premier pays touché et le premier à rouvrir, c’est le marché le plus porteur tout de suite. En fait pour le homard vivant, c’est le seul marché qui achète en ce moment.»

Suite aux mesures de confinement imposées par les autorités chinoises, la demande s’est effondrée aux mois de février et mars cette année et les vols ont cessé. Un marché crucial pour les exportateurs des Maritimes a alors quasiment disparu.

«Ça commence à reprendre, il y a eu un vol au mois d’avril, un autre la semaine dernière et on s’attend à un gros mois de juin», indique M. Farrah.

Le géant asiatique représente un marché énorme et en croissance. Pour la première fois l’an dernier le Canada y a expédié davantage de homards qu’aux États-Unis.

Environ 26 240 tonnes de marchandises y ont été vendues, ce qui correspond à une augmentation de 86% par rapport à 2018, et à une valeur de 457 millions de dollars. L’industrie a notamment profité des lourds tarifs douaniers imposés par le pays communiste sur le homard américain en juillet 2018, face à la montée des hostilités commerciales entre les autorités chinoises et l’administration Trump.

En 2018, l’aéroport du Grand Moncton a vu partir 18 cargos transportant des homards vers la Chine. En 2019, ses installations ont enregistré 31 vols qui ont permis le transport de 1800 tonnes de crustacés. La valeur de chaque chargement oscille entre 3 et 3,5 millions de $.

Le dirigeant de Partner Seafood ignore pour autant si la tendance est en voie de se maintenir, tant le contexte international est incertain en 2020. «C’est plutôt encourageant mais ça tient à un fil compte tenu des conditions géopolitiques et d’une possible deuxième vague de la pandémie. On profite de la vague tout de suite mais on reste extrêmement prudent quant à nos projections pour le reste de l’année.»

Paul Farrah anticipe que la demande continuera de croître au cours des prochains pour culminer lors des Fêtes de fin d’année et du Nouvel An chinois.

Pour Bernard LeBlanc, PDG de l’aéroport international, la reprise de ces activités représente un motif de satisfaction dans une année noire. Actuellement, seule la compagnie WestJet transporte des voyageurs trois fois par semaine depuis le terminal de Dieppe. Elle n’accepte que 33 voyageurs par vol pour assurer la distanciation sociale.

«Ces exportations nous ont permis de dégager 160 000 $ en surplus l’an dernier, mentionne M. LeBlanc. En ce moment, c’est bon à prendre parce qu’il n’y a plus de revenus qui entrent du côté du transport de passagers, et le volume de fret domestique est à 85% de ce qu’on voyait l’an passé.»

À noter qu’au cours des derniers jours, l’aéroport a accueilli deux avions Sunwing en provenance du Mexique et de la Jamaïque qui ont permis la venue de travailleurs étrangers temporaire dans la province.