Premier décès lié à la COVID-19 au N.-B.: «Ce n’était qu’une question de temps»

«Nous savions que ce n’était qu’une question de temps avant qu’un premier décès attribuable à la COVID-19 ne survienne dans notre province.»

C’est avec une pensée spéciale envers la famille de la première victime de la COVID-19 au Nouveau-Brunswick que l’hygiéniste en chef de la province, la Dre Jennifer Russell, a commencé son point de presse jeudi.

«Je suis attristée de devoir confirmer que ce jour est arrivé. On souhaite bien évidemment toutes nos condoléances aux familles et êtres chers du défunt. Nous avons une pensée pour vous ainsi que pour toute la population du Restigouche», a-t-elle souligné, souhaits également repris par le premier ministre de la province, Blaine Higgs.

La Dre Russell a par la même occasion confirmé que ce premier décès était lié à l’éclosion en cours au Manoir de la Vallée d’Atholville.

Ce décès survient trois mois après le premier décès au pays. C’était en mars en Colombie-Britannique, là aussi auprès d’un octogénaire. Dans les Maritimes, le premier décès est également survenu en mars. En fait, hormis les trois territoires du nord, seule la province de l’Île-du-Prince-Édouard conserve un bilan vierge à ce chapitre.

Pour ce qui est du bilan de la COVID-19 dans la province, il s’est alourdi d’un nouveau cas jeudi: un membre du personnel soignant du foyer de soins d’Atholville âgé entre 20 et 29 ans. Ainsi, quatre résidents et deux membres de l’équipe de cet établissement sont frappés par le virus.

Quinze cas sont donc toujours actifs dans la province, tous dans la région 5. De ce nombre, quatre sont hospitalisés, dont un se trouvant à l’unité des soins intensifs de l’Hôpital régional de Campbellton. Selon la Dre Russell, la condition des patients hospitalisés serait néanmoins bonne pour le moment.

«Mais ça pourrait changer à tout moment. C’est vraiment difficile à prévoir», précise-t-elle.

Toujours selon l’hygiéniste en chef, des efforts sont faits afin de prévenir la propagation du virus et d’autres décès éventuels au Manoir de la Vallée.

«Tous les résidents sont isolés. Aussi, ceux qui ont été trouvés positifs à la COVID-19 se trouvent dans la même aile du bâtiment. Le dépistage se poursuit au niveau du personnel sur une base régulière. Pour ce qui est des besoins en personnel, on travaille de très près avec nos partenaires (extramural, Ambulance NB, développement social, Vitalité) afin de s’assurer que le nombre d’employés soit suffisant», indique-t-elle.

Patience

Puisqu’il y a toujours des cas actifs dans la zone 5, la région du Restigouche demeurera en phase de déconfinement orange alors que le reste de la province pourra entamer, à compter de vendredi, la seconde phase de déconfinement jaune.

«Nous préférons continuer à surveiller la situation et nous ne voulons pas précipiter les choses», a indiqué le premier ministre Higgs, admettant que la situation pouvait être frustrante pour la population du Restigouche.

Pour ce qui est du déconfinement dans le Restigouche, la région devra visiblement prendre son mal en patience. La Dre Russell a d’ailleurs rappelé que ce qui se passe actuellement dans cette région est surveillé de très près.

«On ne peut pas baisser notre garde. Une éclosion pourrait survenir n’importe quand dans n’importe qu’elle autre région de la province. De là l’importance d’être tous solidaires en ce moment avec la région Restigouche», estime Mme Russell.

Pas de changement

Ce premier décès ne vient par ailleurs pas changer la donne au Réseau de santé Vitalité.

Selon son porte-parole, Jean-René Noël, les plans sont en place et les équipes sont prêtent à faire face à la musique si des patients atteints de la COVID-19 devaient être hospitalisés.

«C’est le cas présentement dans la zone Restigouche. Il y a des mesures qui sont en place, il y a des unités qui étaient désignées avec des lits qui étaient réservés dans chacun de nos quatre hôpitaux régionaux. On s’était comptés chanceux parce qu’on n’avait pas eu vraiment à les utiliser encore jusqu’à présent. Les plans sont en place, les patients ont été hospitalisés dans les lits désignés, réservés pour les patients de la COVID. On était prêts à accueillir cette clientèle-là», dit-il.