UNI laisse planer le doute sur l’avenir de sa succursale de Kedgwick

Les citoyens de Kedgwick qui craignent pour l’avenir de leur caisse n’ont pas réussi à obtenir une confirmation d’UNI Coopération financière à savoir quand celle-ci ouvrira à nouveau ses portes.

C’est du moins ce que maintient Guillaume Deschênes-Thériault, citoyen de Kedgwick, à la suite d’un entretien avec un membre de la direction de l’institution financière vendredi.

«Ça n’a pas été concluant du tout comme rencontre. On en ressort toujours dans le noir, sans réponse claire. Ça nous inquiète, car si leurs intentions sont de rouvrir, ce serait tellement plus facile de nous le dire plutôt que de passer du temps à gérer le mécontentement d’une communauté entière», souligne-t-il.

Comme d’autres succursales en province, celle de Kedgwick a fermé temporairement ses portes en mars en raison de la pandémie de la COVID-19. Mais au fur et à mesure que le déconfinement progresse – Kedgwick suivant le même rythme que le reste du Nouveau-Brunswick (2e étape de la phase jaune) –, plusieurs se demandent pourquoi l’établissement n’a toujours pas rouvert ses portes.

Face au manque de clarté d’UNI dans ses réponses, ceux-ci se sont mis à craindre qu’il y ait anguille sous roche. On craint que l’institution financière se serve du prétexte de la pandémie pour fermer cette succursale.

Plus tôt cette semaine, M. Deschênes-Thériault a interpellé publiquement UNI en demandant de clarifier le statut de la succursale de sa communauté. Il a lancé une pétition à cet effet. Mise en ligne mardi, elle a déjà franchi le cap des 900 signataires.

Vendredi, il n’était pas seul au bout du fil vendredi afin de dialoguer avec les responsables d’UNI. On retrouvait également des représentants de la municipalité et des membres de la chambre de commerce de l’endroit.

«Celle-ci a notamment demandé la réouverture d’au moins un des guichets de service de la caisse, une demande refusée sous prétexte de maintenir la sécurité de nos personnes âgées. Pourtant, il y a 22 autres points de services d’UNI qui sont ouverts et accessibles aux aînés. Le message est donc incohérent», renchérit M. Deschênes-Thériault.

Parmi les représentants de la Chambre de commerce de Kedgwick présents à la réunion virtuelle, on retrouvait son vice-président, Réginald Savoie. Celui-ci l’admet, il ne comprend vraiment pas cet entêtement de la part d’UNI à ne pas rouvrir ni confirmer une bonne fois pour toutes la réouverture de sa succursale restigouchoise.

«Lorsque la pandémie est arrivée en mars, il fallait faire quelque chose. Mais là, on est rendu en juin et il y a plein de commerces qui ont ouvert partout dans la province. En fait, il y a même des succursales d’UNI qui sont ouvertes ailleurs. Mais ici, c’est trop dangereux et on doit attendre. Mais pourquoi? Et attendre quoi et jusqu’à quand exactement?», se questionne l’entrepreneur, notant que même les salons de coiffure – qui ont des contacts rapprochés – peuvent opérer.

Face à ce constat, la chambre de commerce a même proposé à UNI de construire des cadres en plexiglas afin de protéger le personnel de la caisse et, du même coup, accélérer sa réouverture.

«Mais ça non plus ils n’ont pas voulu», déplore-t-il.

Il soutient que la Chambre de commerce de Kedgwick entend talonner l’institution financière dans ce dossier, quitte à mettre de la pression sur celle-ci.

«Ça nous préoccupe au plus haut point. Nous n’avons qu’une seule institution financière à Kedgwick. C’est un moteur de développement économique. Si elle venait qu’à fermer, beaucoup de nos membres sont prêts à tout simplement changer d’institution», soutient-il, assurant avoir déjà sondé le terrain.

La pétition lancée par M. Deschênes-Thériault doit prendre fin lundi. À la suite de la rencontre, le groupe du Restigouche a demandé à ce que la haute direction d’UNI offre une réponse claire et précise par rapport à l’avenir de la succursale de Kedgwick.

«On leur donne jusqu’à vendredi prochain, par la suite on verra s’il y a lieu d’entreprendre d’autres actions et de continuer la mobilisation», dit-il.