COVID-19: une deuxième vague est toujours possible à l’échelle mondiale

Qu’est-ce qu’une deuxième vague de pandémie? C’est ce qui se déroule dans la région du Restigouche. Après une diminution de la quantité de cas de COVID-19, le nombre de patients recommence à se multiplier. Les scientifiques se demandent si ce phénomène se produira à l’échelle mondiale dans les prochains mois.

«Faire des affirmations absolues à propos d’une deuxième vague est imprudent, étant données les incertitudes et la nouveauté des preuves», ont prévenu Tom Jefferson et Car Heneghan de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni, le 30 avril.

Un groupe de chercheurs a également admis qu’il était incapable de faire des prédictions précises à ce sujet, le 22 mai dans la revue Science. Ses membres ont expliqué qu’ils ignoraient trop d’éléments au sujet des défenses immunitaires des patients rétablis de la COVID-19 ainsi que des influences saisonnières et environnementales (la chaleur de l’été, par exemple) sur la transmission du nouveau coronavirus.

Toutefois, cinq des dix dernières pandémies se sont déroulées en deux vagues au moins, selon le Centre for Evidence Based Medicine (CEBM). La grippe espagnole a d’ailleurs été plus meurtrière à son retour, entre 1918 et 1920.

Vague unique «improbable»

Les auteurs de l’article, paru le 22 mai dans Science, ont en outre qualifié d’improbable une vague unique de COVID-19. Ils précisent que le nouveau coronavirus est très contagieux au début d’une infection tandis que les symptômes du malade sont encore faibles, rendant les contrôles difficiles.

L’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) a même prévenu qu’en cas d’irrespect des mesures de distanciation physique, les hospitalisations pourraient augmenter de manière exponentielle dans la Belle Province, dès le mois de juillet.

En l’absence d’un vaccin et d’une immunité de la grande majorité de la population, beaucoup d’autres événements pourraient causer une deuxième vague de la pandémie de COVID-19.

Dans un article de The Lancet, deux chercheurs chinois ont évoqué l’arrivée possible d’un voyageur infecté dans la province du Hubei et se sont inquiétés d’un possible relâchement prématuré des règles de santé publique sur ce territoire.

Une étude non révisée parue le 18 mai sur medRxiv fait valoir l’importance des tests et du suivi des contacts des personnes infectées. Une autre, publiée quelques jours avant sur le même média, avance en outre l’importance de la protection des populations vulnérables.

Les scientifiques restent aussi à l’affût des mutations du nouveau coronavirus, qui ont pour l’instant laissé son comportement identique, mais qui pourrait un jour le rendre plus dangereux, selon le Financial Times.

Encore 18 à 24 mois

Un groupe de chercheurs de l’Université du Minnesota aux États-Unis a avancé trois scénarios possibles pour l’évolution de la pandémie de COVID-19, le 30 avril.

L’humanité pourrait voir une éclosion de la maladie encore pire que la première pendant l’automne et l’hiver prochain. Elle pourrait aussi subir une série de petites vagues d’infections durant un ou deux ans, dont la force varierait selon les endroits. Elle pourrait enfin déplorer de moins en moins de morts et de malades après le printemps pendant plusieurs mois.

«Nous devons nous préparer pour encore 18 à 24 mois d’activité significative de la COVID-19 au moins», ont assuré les chercheurs de l’Université du Minnesota.