La rentrée se fera sous le signe de l’enseignement à distance à l’U de M

L’enseignement à distance sera la nouvelle réalité pour bon nombre d’étudiants de l’Université de Moncton en septembre. Le plan de match préparé par l’institution acadienne privilégie différents modes de livraison des cours selon le campus et selon le programme.

Dans le cas du campus de Moncton, certains programmes qui comportent une composante d’apprentissage pratique nécessiteront la présence physique de la population étudiante. Ce sera par exemple le cas pour celles et ceux inscrits aux cours de Beaux-arts, de Design d’intérieur de Biotechnologies et de Sciences de la vie et sciences physiques, et pour les étudiant(e)s de 2e à 4e année en Sciences expérimentales et Science infirmière.

«À l’intérieur du bâtiment, des affiches indiqueront le sens de circulation dans les espaces communs et si le port du masque est obligatoire à l’intérieur des locaux», précise le site internet de l’université.

Toutefois la majorité des facultés livreront leurs programmes de façon virtuelle. Certaines sessions se dérouleront en temps réel et permettent l’interaction avec la professeure ou le professeur. D’autres cours et d’autres contenus d’apprentissage pourront être consultés en tout temps par les étudiants.

En revanche, l’enseignement se fera principalement en présence dans les campus de Shippagan et d’Edmundston, en raison de leur fréquentation par un plus petit nombre d’étudiants. Celles et ceux qui le souhaitent auront tout de même la possibilité de suivre les cours à distance.

Dans un communiqué, l’administration de l’Université de Moncton indique travailler sur un plan de contingence dans l’éventualité qu’une deuxième vague de la pandémie.

«Les préparatifs en vue de la session d’automne 2020 incluent notamment le déploiement d’un important programme d’ateliers pédagogiques à l’intention des membres du corps professoral ainsi que le développement d’un plan pour l’offre à distance de services d’appui à la réussite et de services étudiants, précise-t-on également. Des mesures spécifiques seront mises en place pour les étudiantes et étudiants qui sont en fin de parcours ou de stage, qui sont nouvellement admis ou qui ont de l’anxiété, un handicap ou des contraintes technologiques ou matérielles.»

Ces orientations semblent bien reçues par les représentants des étudiants et du corps professoral.

«Nous croyons que c’est une approche cohérente que d’offrir la majorité des cours en ligne compte tenu de la situation, estime Mélinda Prince, présidente de la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton. Les étudiants peuvent maintenant avoir une idée de comment ça va se passer à l’automne.»

Si la transition implique davantage de préparation, Mathieu Lang y voit l’occasion de transformer les méthodes d’enseignement.

«On vient de finir une troisième semaine de formation techno-pédagogique, ça a créé une belle collaboration entre collègues», mentionne le président de l’Association des bibliothécaires, des professeures et professeurs de l’Université de Moncton (ABPPUM).

«On a découvert plein d’applications, comme des sondages éclair pour vérifier une notion ou des exercices en direct. On développe un savoir-faire,et je suis convaincu que ça va améliorer l’expérience étudiante.»

La question des évaluations à distance reste un défi car il peut être plus difficile d’empêcher le plagiat, ou la fraude, poursuit Mathieu Lang.

«Les inquiétudes ne sont pas liées à ce qui a été planifié, mais plutôt à la part d’inconnu quant à la charge de travail, comment ça va se passer, combien on aura d’étudiants», ajoute-t-il.

Plusieurs autres points d’interrogation subsistent. Sur le campus de Moncton, le CEPS Louis-J.-Robichaud n’a pas encore fixé de date de réouverture. On ignore également combien d’étudiants internationaux seront autorisés à rejoindre la province pour la première fois en septembre.

Quant aux frais universitaires pour l’année 2020-2021, ils ne seront connus que le 13 juin lors du vote du budget par le Conseil des gouverneurs.