Éclosion du Restigouche: Blaine Higgs ne s’excusera pas au Dr Ngola 

Blaine Higgs persiste et signe dans le dossier du Dr Jean Robert Ngola, le médecin lié à l’éclosion du Restigouche selon les autorités. Il maintient les déclarations qu’il a faites à ce sujet et n’a pas l’intention de s’excuser publiquement.

L’avocat du Dr Ngola , Me Joël Étienne, a exigé des excuses publiques au premier ministre dans une lettre datée du 9 juin.

Il l’accuse d’avoir fait des «commentaires destructeurs» de «style Trumpien (sic)» le 27 mai, lors d’un point de presse sur la pandémie.

Blaine Higgs avait alors qualifié les actions du médecin – qui ne s’est pas isolé à son retour d’un voyage de nature personnelle au Québec et qui a continué à voir des patients – d’«irresponsables». Il avait également affirmé que ce dossier avait été confié à la GRC.

En mêlée de presse jeudi à Fredericton, le premier ministre a été invité à réagir à la lettre de l’avocat du Dr Ngola. Ce dernier est suspendu par le Réseau de santé Vitalité.

«Je ne l’ai jamais identifié ou fais de références spécifiques, à part dire qu’il s’agissait d’un travailleur de la santé. Je maintiens les déclarations que j’ai faites», a-t-il dit.

Blaine Higgs a affirmé qu’il n’est pas responsable la publication du nom et de la photo du Dr Ngola dans les réseaux sociaux à la fin mai.

Cette information a largement circulé (avant qu’il ne confirme en entrevue à Radio-Canada qu’il était le professionnel de la santé en question). Il a ensuite été ciblé par de nombreux commentaires xénophobes et racistes.

«J’ai fait attention de ne pas faire d’identifications particulières. Je sais que c’est sorti par la suite, mais certainement pas à cause d’une action de la part de mon bureau ou de moi.»

Blaine Higgs a précisé qu’il a pris connaissance de la missive de 14 pages de l’avocat du Dr Ngola, mais qu’il ne l’a pas lue.

Dans la lettre, Me Étienne affirme aussi qu’il a embauché un enquêteur privé pour faire la lumière sur cette affaire.

Il allègue que cet enquêteur a mis la main sur des preuves laissant entendre que le Dr Ngola ne peut pas être le «patient zéro» et qu’il est possible qu’il ait contracté la COVID-19 au Nouveau-Brunswick auprès d’un patient ou d’un collègue.

Il allègue aussi que plusieurs autres professionnels de la santé ont fait des déplacements au Québec et qu’ils ne se sont pas auto-isolés pendant 14 jours à leur retour dans la province. Selon lui, le Dr Ngola a été traité différemment parce qu’il est Noir.

Jeudi, Blaine Higgs a affirmé qu’il «n’ait jamais laissé entendre ou dit que l’individu était le patient zéro».

À son avis, «les faits sont les faits» et le gouvernement les a présentés comme il le fallait depuis le début de l’éclosion du Restigouche.

Il affirme que l’enquête menée sur la traçabilité du virus a permis de déterminer que les nouveaux cas dans la région étaient liés à une personne ayant voyagé à l’extérieur de la province.

«Tout a bougé à partir de ça», dit-il.

Malgré les conclusions alléguées de l’enquête d’un enquêteur privé – soit que le Dr Ngola aurait sans doute contracté le virus au Nouveau-Brunswick et pas au Québec –, la position Blaine Higgs n’a pas bougé d’un millimètre.

«Tout ce que je dirai, c’est qu’à ce que je sache, les faits sont clairs. (…) Je suis lié par les règles en matière de respect de la vie privée. Je ne peux pas donner tous les faits pour une situation particulière. Mais je suis à l’aise avec la position que j’ai prise et comment j’en ai parlé.»

Blaine Higgs trouve d’ailleurs dommage que l’on assiste à un «jeu de blâme» dans ce dossier.

– Avec la collaboration du journaliste Mathieu Roy-Comeau