Le district scolaire Sud pense embaucher 50 enseignants supplémentaires

La directrice du District scolaire francophone Sud (DSF-S), Monique Boudreau a annoncé qu’elle songeait à embaucher environ 50 enseignants supplémentaires pour la prochaine rentrée scolaire. Elle a justifié cette mesure par la consigne du ministère de l’Éducation de réduire le nombre d’écoliers par classe.

«Nous voulons essayer d’avoir des groupes d’environ 15 élèves quand les ressources sont disponibles», a-t-elle avancé.

Le président du Conseil d’éducation du DSF-S, Paul Demers a toutefois rappelé que les postes étaient difficiles à combler.

«Nous avons déjà fait passer des entrevues et possédons une liste d’éligibilité de candidats en attente intéressante, a rassuré Mme Boudreau. Nous allons néanmoins devoir changer de stratégie de recrutement.»

La directrice a aussi indiqué qu’elle offrira des postes permanents à des enseignants suppléants. Elle a aussi déclaré que les professeurs de sport, d’art et de musique travailleront à temps plein en classe.

La directrice du District scolaire francophone Sud (DSF-S), Monique Boudreau.

«Le DSF-S compte une large population étudiante et des écoles remplies au maximum de leur capacité», a pointé M. Demers à propos d’un autre problème causé par la diminution du nombre d’élèves par classe.

Mme Boudreau a révélé que ses équipes transformeront des gymnases, des cafeterias et des bibliothèques en salles d’apprentissage. Elle a ajouté que le DSF-S louera peut-être des locaux associatifs.

«Les règles de distanciation physique réduiront le nombre d’élèves par autobus, a-t-elle prévenu par ailleurs. De plus, tout le monde ne pourra pas arriver en même temps dans les établissements scolaires. Nous faisons donc un sondage auprès des parents pour connaître ceux qui pourront apporter eux-mêmes leurs enfants à l’école.»

M. Demers a souhaité que la communauté s’implique dans le transport des écoliers. Il aimerait en particulier que les employeurs se montrent flexibles auprès des parents salariés.

Le président du Conseil d’éducation du DSF-S, Paul Demers

«Nous implorons les parents et les élèves d’avoir de la patience, a prié Mme Boudreau. Nous avons encore beaucoup de détails à communiquer, mais nous devons prendre le temps de planifier la rentrée.»

Soulagement au district scolaire Nord-Ouest

«On a du pain sur la planche pour les prochaines semaines, les prochains mois.»

Luc Caron, directeur général du District scolaire francophone Nord-Ouest, l’avoue, il était soulagé vendredi de voir que le ministre de l’Éducation prévoit le retour des élèves sur les bancs d’école en septembre.

«On est content de recevoir le scénario du gouvernement à ce moment-ci. On aura donc du temps devant nous pour faire la planification nécessaire avant la rentrée scolaire en septembre. Car avec cette nouvelle normalité, c’est tout un travail qui nous attend au cours des prochaines semaines», souligne M. Caron.

Le travail ne fait en effet que commencer. Et déjà, plusieurs défis se pointent, et le directeur général en est conscient. Afin de limiter les contacts – et donc les risques potentiels de propagation du virus –, on parle en effet de créer de plus petits groupes (classes), ce qui pourrait se traduire par de plus grands besoins en main-d’œuvre, une denrée déjà rare dans l’ensemble de la province. M . Caron ne cache d’ailleurs pas que certains enseignants spécialisés (musique, éducation physique, etc.) pourraient être appelés à jouer un plus grand rôle, comme la prise en charge d’une classe (enseignant titulaire).

La logistique de l’enseignement à distance, l’école en alternance pour le secondaire, l’utilisation des espaces, et le transport des élèves demeurent autant de grands points d’interrogation pour les directions générales.

«Il y a beaucoup de questions auxquelles nous n’avons pas de réponse, d’enjeux avec lesquels nous devrons composer en cours de route. On va faire face à de nouvelles réalités et on devra s’adapter en cours de route. On devra être créatif», ajoute M. Caron.

Pour ce qui est de l’enseignement à distance, le directeur général concède que le système scolaire n’a pas été conçu en fonction de ce modèle et qu’il n’est pas viable à long terme. Il voit plutôt cette technologie comme une valeur ajoutée aux pratiques de la salle de classe, une solution temporaire adéquate pour minimiser les impacts sur l’éducation des jeunes advenant de nouvelles ruptures de services liées à la COVID-19. D’ailleurs, ce dernier estime que l’expérience vécue depuis mars dernier s’est avérée plutôt concluante.

«Le modèle n’est pas parfait, mais il nous a bien servi dans le contexte actuel. On a demandé de la rétroaction des parents, savoir comment ça allait, et environ 80% se disent satisfaits ou très satisfaits. Je pense que nous avons donc été à la hauteur, en mesure de minimiser la perte des apprentissages», estime M. Caron.