Université de Moncton: des «choix difficiles» à l’horizon

Le budget de l’Université de Moncton ne sera pas déposé avant septembre alors que la haute administration se prépare à devoir prendre des choix financiers difficiles face à une vraisemblable baisse des inscriptions.

En juin 2019, l’Université avait déposé un budget déficitaire d’un million $. Cette année, la note devra se faire attendre.

Le Conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton a convenu de retarder le dépôt du budget 2020-2021 lors d’une réunion samedi.

Il reste toujours trop de facteurs financiers inconnus pour présenter un budget en ce moment, selon le recteur et vice-chancelier par intérim Jacques Paul Couturier.

Bien qu’il s’inquiète d’une baisse des inscriptions, il ne sait pas encore à quel point l’impact financier se fera sentir. Plusieurs étudiants internationaux pourraient ne pas être du nombre à la rentrée, alors qu’ils représentent normalement un peu plus de 20% de la population étudiante.

«On espère en accueillir le plus grand nombre possible, mais il y a des éléments sur lesquels on n’a absolument aucun contrôle», dit Jacques Paul Couturier.

Il reste à savoir si les frontières seront toujours fermées à la rentrée et combien d’étudiants internationaux auront pu obtenir un visa d’études.

«Pour l’instant, on est plutôt inquiets par rapport aux inscriptions, et plus particulièrement par rapport aux nouvelles inscriptions internationales.»

Le Conseil a tout de même adopté une hausse des droits de scolarité.

La hausse se chiffre à 2% pour les étudiants Néo-Brunswickois qui étaient déjà inscrits en 2018-2019 ou avant. Cette augmentation est plafonnée à 2% en vertu d’une entente conclue avec le gouvernement provincial en 2018.

Pour les autres étudiants canadiens et les étudiants internationaux, il s’agira d’une hausse de 8%.

Cela signifie que les étudiants canadiens paieront 6937$ cette année contre 6423$ l’an dernier.

Les étudiants internationaux, eux, devront payer 12 713$, comparativement à 11 771$ en 2019.

Au Nouveau-Brunswick, la moyenne des droits de scolarité en 2019-2020 se situe à 7 628$ pour les étudiants canadiens, et à 16 059$ pour les étudiants internationaux, selon Statistique Canada.

Malgré cette augmentation et la perspective d’une année universitaire menée principalement à distance, le recteur par intérim croit que les étudiants ont tout intérêt à s’inscrire et à poursuivre leurs études sans interruption.

Un calcul différent

Mélinda Prince, présidente de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), craint par contre que plusieurs étudiants n’auront pas fait le même calcul que le recteur.

Elle trouve malheureux que le Conseil des gouverneurs ait décidé d’adopter cette augmentation puisque beaucoup d’étudiants sont dans une situation financière «vraiment difficile».

«À ce moment-ci, il y a plusieurs étudiants qui songent à ne pas revenir aux études afin de pouvoir redresser leur situation financière. J’ai vraiment peur de l’impact de cette décision-là sur le recrutement de l’Université de Moncton.»

Les cours à distance seront la norme pour beaucoup de programmes à la rentrée en septembre. Les professeurs ont suivi une formation pédagogique pour améliorer leurs techniques d’enseignement en ligne, et le recteur assure que la qualité de l’enseignement ne sera pas diminuée par la distance.

Mais Mélinda Prince soutient que certains problèmes seront difficiles à contourner. Tous les étudiants n’ont pas les mêmes compétences informatiques, et certains d’entre eux n’ont pas accès à l’internet haute vitesse.

«Avec le déroulé des réunions virtuelles de l’Université présentement, on peut déjà s’apercevoir qu’il y a des problèmes techniques, et l’enseignement ne sera pas épargné par ces problèmes-là.»