Éducation en français: front commun pour que les enfants d’ayants droit soient mieux comptés

Trois organismes francophones montent aux barricades pour que Statistique Canada collecte des données fiables sur les ayants droit lors du prochain recensement.

La charge est menée par la Société de l’Acadie du N.-B., la Fédération des conseils d’éducation du N.-B. et la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador.

Dans un mémoire de 16 pages, ces organismes exhortent le gouvernement fédéral à intervenir dans le dossier des ayants droit.

C’est que depuis toujours, Statistique Canada collecte des données très incomplètes sur les parents qui peuvent faire éduquer leurs enfants en français à l’extérieur du Québec.

Lors des recensements, l’agence ne compte qu’un type d’ayant droit; les parents dont la première langue apprise et encore comprise est le français.

Elle ne compte cependant pas les deux autres types, soit les parents qui ont reçu leur instruction en français et ceux dont un enfant reçoit ou a reçu son instruction en français.

Ces parents peuvent aussi envoyer tous leurs enfants à l’école française, que ces derniers parlent le français ou pas.

Statistique Canada a accepté de se pencher là-dessus et tout porte à croire qu’elle ajoutera des questions sur les ayants droit dans le recensement de 2021.

Mais les organismes francophones craignent qu’elles soient seulement ajoutées au questionnaire long, qui est envoyé à environ 25% des ménages. Ils veulent que les questions figurent aussi dans le questionnaire court, envoyé à 75% des ménages.

Selon eux, il «s’agit de la seule façon de connaître exactement (et non d’estimer)» le nombre de parents qui pourraient se prévaloir de leurs droits constitutionnels et faire instruire leurs enfants en français.

Si cela est important, c’est parce que les gouvernements fédéral et provinciaux se basent notamment sur les données du recensement pour déterminer combien d’argent est consacré à l’éducation en français hors Québec et où sont construites les nouvelles écoles françaises.

Dans le mémoire envoyé cette semaine, les trois organismes demandent à Ottawa d’agir pour que les francophones hors Québec n’aient pas encore à emprunter la voie judiciaire.

«Il s’agirait d’une preuve qui démontre que les communautés de langue officielle en situation minoritaire peuvent faire des gains en travaillant avec le gouvernement plutôt que d’être contraints de recourir aux tribunaux à cette fin», lit-on dans le document.