Déconfinement repoussé dans la zone 5: la mairesse de Campbellton déçue

Alors que le reste de la province continue progressivement son déconfinement, les citoyens de la zone 5 doivent à nouveau prendre leur mal en patience, et ce, pour au minimum une autre semaine.

Les semaines se suivent et se ressemblent au Restigouche. Au moment où l’ensemble du Nouveau-Brunswick passe à la prochaine étape de la phase Jaune, la région continue, elle, à faire du surplace.

Dans sa mise à jour sur le déconfinement vendredi, la médecin hygiéniste en chef de la province, la Dre Jennifer Russell, appuyée par le premier ministre, Blaine Higgs, a annoncé qu’en dépit de deux journées consécutives sans nouveaux cas, l’éclosion de la COVID-19 au Restigouche constituait toujours une trop grande menace à la santé publique pour pouvoir jouir d’assouplissements. Du coup, aucun allégement n’a été octroyé à la population et aux commerces de cette zone. Celle-ci restera au même stade de déconfinement jusqu’au vendredi 26 juin. Et ce passage vers la prochaine phase n’est pas garanti, mais bien conditionnel à ce que la situation se stabilise dans la zone, que le nombre d’infections y demeure gérable, et qu’il n’y ait pas de propagation communautaire.

«Malheureusement, nous n’avons pas pu jusqu’ici avancer (dans le déconfinement) au même rythme. La situation dans la zone 5 s’améliore. On s’attend d’examiner tout cela bientôt afin de donner un peu d’espoir à cette zone», souligne la Dre Russell.

Celle-ci a par ailleurs réitéré qu’il n’était plus déconseillé d’aller ou de quitter la zone 5 pour des besoins non essentiels, donc que ses citoyens pouvaient voyager librement et sans contraintes – et surtout sans aucune forme de discrimination – dans le reste de la province.

À ce stade, l’éclosion a été contenue dans un établissement de soins de longue durée pour personnes âgées (Manoir de la Vallée d’Atholville) et à l’Hôpital régional de Campbellton (personnel ayant travaillé sur l’unité COVID). Depuis le début de celle-ci, on dénombre une quarantaine de cas positifs à la COVID-19. De ce nombre, 14 personnes se sont rétablies, 27 cas sont toujours actifs, deux patients sont hospitalisés (dont un aux soins intensifs) et deux personnes en sont décédées.

De bonnes nouvelles?

Qualifiée de bonne nouvelle par la Dre Russell, cette progression conditionnelle vers un plus grand déconfinement vendredi prochain ne reçoit pas le même accueil au niveau local. La mairesse de Campbellton, Stéphanie Anglehart-Paulin, aurait aimé voir un geste qui viendrait encourager ses citoyens, à la limite reconnaître leurs efforts des dernières semaines.

«Au lieu de ça, c’est totalement l’inverse, on laisse le Restigouche seul dans son coin, en punition. On s’attendait à une plus grande compréhension de la part du gouvernement. Une semaine supplémentaire en phase orange, ce n’est pas ce que j’appelle une bonne nouvelle ni pour nos citoyens ni pour nos commerçants qui commencent à être sérieusement inquiets de leur avenir», exprime-t-elle, avouant être dépassée – pour ne pas dire déçue – par la gestion du gouvernement provincial de l’éclosion actuelle.

Au début de la semaine, cette dernière avait d’ailleurs lancé un cri du cœur afin que Fredericton change son approche pour la zone 5 et mette les bouchées doubles afin d’aider la région. Ce cri, selon elle, aura finalement été coup d’épée dans l’eau. Personne au gouvernement en place n’y a répondu.

«C’est très frustrant, car personne n’écoute. On se sent comme si nous ne comptions pas», dit-elle.

À cette phase orange qui perdure s’ajoute la fermeture de l’urgence de l’Hôpital régional de Campbellton, un cas unique au pays en cette période de pandémie. Selon la mairesse, tant le gouvernement que le Réseau de santé Vitalité ont perdu le contrôle et improvisent dans ce dossier.

«C’est totalement inacceptable comme situation. Nous avons des industries dans la région, dont un moulin de pâtes. Qu’est-ce qui arrivera si jamais il arrive un accident majeur avec plusieurs blessés? On va tous les transférer à Bathurst? Notre urgence doit être ouverte et en tout temps», clame-t-elle, réclamant des actions immédiates de la part des autorités afin de permettre la réouverture des services interrompus.

Selon le Réseau de santé Vitalité, si le retour au travail des employés s’effectue comme prévu et que les tests de dépistage des employés et des médecins demeurent négatifs, l’urgence de l’Hôpital régional de Campbellton pourrait en théorie rouvrir dès le mercredi prochain (24 juin).