Un député conservateur annonce sa démission et complique la vie à Higgs

Le député progressiste-conservateur Bruce Northrup quittera bientôt la politique provinciale. Ce départ réduira davantage la marge de manoeuvre de Blaine Higgs à l’Assemblée législative.

Le député de Sussex-Fundy-St. Martins a confié jeudi à la CBC qu’il quittera ses fonctions avant l’automne. En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle, il confirme que c’est bel et bien le cas.

«J’ai eu quelques discussions avec le premier ministre et je lui ai dit que j’aimerais partir avant la fin du mois d’octobre. (…) C’est le bon moment de prendre ma retraite.», dit-il.

Il s’attend à ce que des élections complémentaires aient lieu à la mi-octobre pour combler son siège et les deux autres sièges vacants, soit ceux de Baie-de-Shediac–Dieppe et de Sainte-Croix.

Il dit avoir pris cette décision pour passer plus de temps avec sa famille, notamment avec ses deux petits enfants. L’un d’eux est né en Nouvelle-Écosse il y a trois semaines.

«Je sens en moi-même que c’est le temps de partir. J’ai toujours placé la politique devant ma famille. Et là, je veux placer la famille devant la politique.»

Pas un désaveu du gouvernement Higgs 

Au cours des derniers mois, Bruce Northrup a pris ses distances de certaines décisions de son gouvernement. Deux cas sortent du lot.

En février dernier, il s’est prononcé contre la réforme controversée des urgences des hôpitaux ruraux. Face à la grogne, la réforme a éventuellement été avortée par Blaine Higgs.

Jeudi, il a voté contre le projet de loi de son collègue Dominic Cardy sur la vaccination obligatoire des élèves.

En entrevue, M. Northrup affirme qu’il ne faut pas voir dans sa démission un désaveu du gouvernement Higgs. Il affirme qu’il a dit au premier ministre en août 2019 qu’il souhaitait quitter la politique provinciale au cours de la prochaine année.

«C’est pour des raisons familiales. Ma décision a été prise avant la décision sur les urgences et la vaccination obligatoire. (…) J’ai beaucoup de respect pour Blaine, pour le Cabinet et pour mes autres collègues. Je sais juste dans le fin fond de moi-même que c’est le temps pour moi de prendre ma retraite et de profiter de ma famille.»

Élu pour la première fois en 2006, Bruce Northrup a été réélu en 2010, en 2014 et finalement en 2018. Pendant sa longue carrière en politique provinciale, il a notamment été ministre des Ressources naturelles et ministre de la Sécurité publique.

Higgs dans une position de plus en plus précaire

La démission de Bruce Northrup tombe bien mal pour le gouvernement Higgs, dont la position à l’Assemblée est de plus en plus précaire.

En ce moment, les progressistes-conservateurs ont 20 sièges à l’Assemblée législative. Les libéraux ont 20 députés, dont un qui siège comme président (et qui ne vote qu’en cas d’égalité).

Le Parti vert et la People’s Alliance ont chacun trois sièges. Et il y a un député indépendant (l’ancien progressiste-conservateur Robert Gauvin).

Deux sièges sont vacants, soit ceux de Baie-de-Shediac–Dieppe (l’ancienne circonscription de l’ex-premier ministre libéral Brian Gallant) et de Sainte-Croix (dont le député, le progressiste-conservateur Greg Thompson, est décédé en septembre 2019).

Avec le départ de Bruce Northrup, le gouvernement Higgs aura encore moins de marge de manoeuvre, avec seulement 19 sièges.

Sa retraite mettra de la pression sur le premier ministre afin qu’il déclenche des élections complémentaires le plus rapidement possible.

L’issue de ces scrutins va d’ailleurs avoir un impact majeur sur la dynamique à l’Assemblée et sur les chances de survie du gouvernement minoritaire de Blaine Higgs.