Hôpital de Miramichi: une infirmière agressée

Le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Kevin Vickers s’indigne de l’inaction du gouvernement au sujet de la sécurité dans les établissements de santé. Il réagit à un accident survenu à l’hôpital de Miramichi le 18 juin. Un homme a agressé une infirmière et a menacé un gardien de sécurité avec un couteau, avant d’être neutralisé par la police.

«Les gens ont le droit de se sentir en sécurité au travail, et en cette période de pandémie, il est plus important que jamais de veiller à ce que nos travailleurs et travailleuses de première ligne n’aient pas peur d’aller travailler», a déclaré M. Vickers dans un communiqué.

Il rappelle que son parti a déjà déposé une motion à ce sujet à la fin de l’année 2019. Il souligne toutefois ne pas pouvoir en remettre une autre avant la reprise des travaux à l’Assemblée législative en septembre.

«Le gouvernement continue à travailler avec les réseaux de la santé pour assurer la présence d’un service de sécurité complet et durable pour les patients et le personnel de nos infrastructures, a répondu le communicant, Bruce Macfarlane. Cependant, nous n’envisageons pas l’embauche d’agents de sécurité armés dans notre système de santé.»

Infirmières en colères

La présidente du syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, Paula Doucet, se dit très en colère. Elle rappelle que deux autres travailleuses de la santé, Natasha Poirier et Teresa Thibeault, ont subi une agression le 11 mars 2019 au CHU Dumont.

«Ça ne devrait pas arriver dans nos hôpitaux, se fâche-t-elle. Il ne semble pas y avoir assez de mesures en place pour assurer la sécurité des travailleurs de la santé. Mon syndicat se questionne: une évaluation des risques a-t-elle été faite, tout a-t-il été entrepris pour les atténuer et sinon, pourquoi? La violence doit cesser!»

L’agent de la police municipale de Miramichi, Neil Fitzgerald, rapporte qu’un homme âgé de 33 ans nommé Justin Keith MacIvor est accusé d’agression armée pour l’incident survenu le 18 juin à l’hôpital de Miramichi. Il a précisé que d’autres accusations pourraient être portées contre l’habitant de South Esk, actuellement en détention.

Les policiers ont négocié pendant deux heures avec l’agresseur qui a menacé un agent de sécurité avec un couteau après avoir violenté une infirmière, selon M. Fitzgerald. L’un d’eux a maîtrisé le forcené avec un pistolet à impulsions électriques, d’après la même source.

M. Fitzgerald précise que l’infirmière a subi de légères blessures et que le gardien n’a pas souffert de dommages physiques.

Des gardiens en sous-nombre

Mme Doucet estime que l’environnement de travail des infirmières se dégrade à cause d’une évolution sociétale et du nombre de postes vacants dans les réseaux de santé.

«Nous avons besoin de plus de gardiens, mieux entraînés», réclame-t-elle.

D’après des documents transmis par son syndicat, les réseaux de santé du Nouveau-Brunswick font appel aux services d’une société de sécurité québécoise appelée GardaWorld. Ses agents seraient en sous-nombre et insuffisamment formés dans la province (les nouvelles recrues ayant obtenu les notes de F, F et D en novembre, décembre et janvier derniers, selon un indicateur de performances).

GardaWorld a assuré qu’elle travaillait à résoudre ces problèmes dans un article publié il y a quelques mois par le Daily Gleaner.

Le syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick avance que 1600 incidents violents ont eu lieu dans les réseaux de santé du Nouveau-Brunswick durant l’exercice 2018-2019.