Le Réseau Vitalité satisfait de son bilan

Problème au niveau des ressources humaines… Difficultés dans la livraison de services… Conseil d’administration divisé… Saga du Centre pour jeunes en santé mentale et du Centre hospitalier Restigouche… L’année 2019-2020 aura donné du fil à retordre au Réseau de santé Vitalité.

Et comme si le bol n’était pas déjà assez plein, c’est sous une pandémie mondiale que se sont déroulés les derniers mois.

Le conseil d’administration du réseau a tenu, mardi, son assemblée générale annuelle. Distanciation sociale oblige, cette réunion a eu lieue par visioconférence.

En dépit des nombreux défis auxquels son organisation a été confrontée, le PDG du réseau, Gilles Lanteigne, a dressé un bilan somme toute positif de la dernière année.

«Ça n’a pas été une année facile. Si on se trompe – car il arrive que ça se produise –, ce n’est pas parce que nous n’avons pas essayé de faire les bons choix. C’est simplement qu’à certains moments, des décisions sont plus compliquées à prendre que d’autres. Mais dans l’ensemble, on a réussi de façon extraordinaire», concède le PDG.

À ses côtés, la présidente du conseil d’administration, Michelyne Paulin, abondait dans le même sens.

«Les dernières semaines, les derniers mois ont été profondément marqués par une crise sanitaire sans précédent. La COVID-19 a eu un impact sur la santé de nos proches, les entreprises, l’équilibre de l’économie et sur la façon dont nous vivons notre vie quotidienne», a-t-elle lancé à son conseil, précisant que le système de santé n’a pas été épargné.

«Nous avons été frappés de plein fouet. Nous avons dû nous réorganiser extrêmement rapidement. Dès le début de la pandémie, l’engagement de notre personnel de la santé et de nos médecins a été exemplaire», a exprimé la présidente, remerciant le personnel pour le travail abattu.

Mme Paulin soutient par ailleurs que l’année qui s’amorce ne sera pas de tout repos, la pandémie étant bien loin d’être un souvenir.

«Nous devrons être prêts en tout temps à faire face aux aléas de la pandémie. Il faudra également revenir progressivement vers une offre de service de soins de santé plus complète une fois que les choses se seront normalisées», dit-elle.

Qui dit fin d’année dit aussi bilan financier. À ce chapitre, le Réseau de santé Vitalité a fait exploser la banque, dépensant 29,3 millions de plus que le montant budgété. L’augmentation, les ajustements salariaux, les paiements de rétrospectifs et l’augmentation du coût de certains médicaments figurent notamment parmi les causes de ce dépassement. Cela dit, les sources de revenus ont également été plus nombreuses, ce qui fait que le réseau n’a produit qu’un déficit de 2,8 millions $. Ce nouveau déficit fait passer la dette totale du réseau à 22,4 millions $.

Départ du PDG

Il s’agissait en principe du dernier rapport annuel du PDG actuel, Gilles Lanteigne, ce dernier ayant annoncé son départ à la retraite pour octobre.

«Ç’a été cinq années exceptionnelles pour moi à ce poste», a indiqué le principal intéressé.

Le processus de recrutement du futur PDG est enclenché. Le dossier est actuellement entre les mains d’une firme spécialisée dans la sélection de cadres. Celle-ci fera ses recommandations à un comité qui, à son tour, fera part de ses choix au ministre de la Santé qui aura le dernier mot.

CHR et Centre pour jeunes

Le Centre Hospitalier Restigouche a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers mois. Le Réseau affirme par contre que la transformation se poursuit positivement. En raison de la pandémie de la COVID-19, l’expert mandaté par la province pour observer les progrès, George Weber, n’a pu effectuer sa dernière visite à Campbellton.

«Nous avons quand même pu travailler avec lui sur le tableau d’indicateurs dont nous avions convenu. Les progrès continuent à un point tel que, selon les commentaires de M. Weber, nous avons atteint la plupart des objectifs avec l’équipe en place. On est donc en train de retravailler une série de nouveaux indicateurs afin de nous garder motivés et de continuer de nous améliorer», soutient M. Lanteigne.

L’avenir de l’autre établissement de santé du Restigouche a également été évoqué lors de la rencontre, ce dernier devant éventuellement être converti en Centre de traitement des dépendances. À cet effet, les travaux de conversion devraient reprendre incessamment selon M. Lanteigne.

Cela dit, aucun fonds n’a été alloué à d’éventuels plans architecturaux visant la construction du Centre pour jeunes dans la région du Grand Moncton. Le PDG confirme n’avoir reçu aucune nouvelle ni avoir été mis au courant de développements concernant la destinée de ce centre.

«Il n’y a pas eu d’allocation budgétaire pour ce projet en 20-21, les travaux n’ont pas commencé, et l’endroit (où il doit être construit) n’a pas été déterminé. Les clients sont donc toujours dans une unité du CHR où ils reçoivent des services de qualité comme c’est le cas depuis plusieurs années. Le mandat est toujours provincial, on continue d’y recevoir des jeunes provenant de partout au Nouveau-Brunswick», indique-t-il.

Mise au point

Le PDG du Réseau de santé Vitalité a dû défendre mardi sa décision de fermer le service d’urgence de l’Hôpital régional de Campbellton à deux reprises en l’espace d’un mois en raison d’une éclosion de COVID-19 au sein du personnel.

Au plus fort, la prolifération du virus dans l’établissement, une quarantaine d’employés ont été mis sur la touche. Selon M. Lanteigne, la fermeture de l’urgence – une mesure vivement dénoncée par plusieurs citoyens, professionnels et élus – demeure la mesure qui s’imposait.

«Je sympathise avec les patients qui, pour des raisons de force majeure, ont subi cette interruption de service. Mais nous avons également une obligation, soit d’offrir des services sécuritaires et de qualité. Si on n’est pas en mesure de faire cela, on risque de mettre la population en danger», exprime-t-il.