Le déficit anticipé du N.-B. a gonflé de 44 millions $ en un mois

Le déficit budgétaire continue de grimper au Nouveau-Brunswick en raison des conséquences économiques de la pandémie mondiale de COVID-19.

Le ministre des Finances, Ernie Steeves, a confié mercredi que le manque à gagner s’est accru de 44 millions $ depuis la mise à jour financière du 21 mai.

Le déficit prévu pour l’exercice financier 2020-2021 est désormais de 343 millions $, selon les informations fournies par le M. Steeves au comité permanent des prévisions et de la politique budgétaires.

Une baisse des revenus de 30 millions $ de moins que ce qui avait été anticipé par le ministère des Finances a été complètement effacée par une augmentation des dépenses de 74 millions $.

La pandémie de COVID-19 coûte cher au gouvernement provincial.

Par exemple, le ministère de la Sécurité publique a dépensé 15 millions $ en équipement de protection personnel et en matériel sanitaire pour ses travailleurs de premières lignes, a indiqué le ministre Steeves.

Le ministère des Transports et de l’Infrastructure a dépensé 2,6 millions $ en matériel et en services de conciergerie.

Le ministère du Développement social a déboursé 1,3 million $ pour venir en aide aux banques alimentaires et aux refuges pour sans-abris.

Le ministère a aussi fait l’achat de près de 500 tablettes électroniques pour les résidents des foyers de soins.

Le ministère des Finances devrait présenter une mise à jour économique complète pour le premier trimestre de l’année 2020-2021 plus tard cet été.

Ernie Steeves répondait aux questions du porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, le libéral Roger Melanson.

Les questions du député ont également permis au public d’apprendre que le surplus budgétaire de l’exercice financier précédent pourrait être de 42 millions $ de moins que prévu.

Cette somme est le total versé par la Croix-Rouge aux citoyens dans le besoin au nom du gouvernement provincial au début de la pandémie.

Selon le ministre des Finances, la vérificatrice générale et le contrôleur général ont déterminé que ces chèques de 900$ devaient être comptabilisés dans le budget 2019-2020 puisque l’entente avec la Croix-Rouge a été conclue avant le 1er avril.

Il est cependant trop tôt pour dire exactement l’effet qu’aura cette opération comptable sur les résultats de l’année financière 2019-2020 puisque la vérificatrice générale n’a pas encore terminé son analyse des états financiers de la province pour cette année-là, a précisé Ernie Steeves.

Lors du dépôt du budget 2020-2021, le ministère des Finances avait évalué le surplus de l’année précédente à 97,7 millions $. Avant la pandémie, Fredericton prévoyait enregistrer un surplus de 92,4 millions $ pour l’année en cours.

Le ministre Steeves a également partagé avec le député Melanson certaines des dépenses qui ont été repoussées en raison de la pandémie.

L’augmentation du nombre de chirurgies du genou et de la hanche à Moncton et à Saint-Jean et les dépenses qui y sont associées ont notamment été reportées de six mois, tout comme l’ouverture du nouveau bloc opératoire du Centre hospitalier universitaire Dr.-Georges-L.-Dumont.

La création de nouvelles cliniques d’infirmières praticiennes et l’ajout d’infirmières praticiennes dans certaines salles d’urgence sont également repoussés de six mois.

Les dépenses prévues dans le cadre de la stratégie en matière de ressources infirmières devraient aussi prendre entre trois et six mois de retard.

Le chef du Parti vert, David Coon, a tenté avec plus ou moins de succès de connaître les prévisions du ministère des Finances en ce qui concerne les paiements de péréquation en provenance d’Ottawa dans le contexte de la crise économique à long terme provoquée par la COVID-19.

Les fonctionnaires du ministère des Finances «disent qu’on pourrait perdre 100 millions $ en péréquation, mais ça pourrait être beaucoup plus que ça», a simplement indiqué Ernie Steeves.

«C’est encore loin pour essayer de faire des prévisions solides.»