La fin approche pour les fonds du Nord et de la Miramichi

Ça sent la fin pour les fonds du Nord et de la Miramichi. Le gouvernement de Blaine Higgs les a évalués et les remplacera bientôt par d’autres initiatives, dont une qui ciblera toutes les régions rurales de la province.

Lors de son plus récent discours sur l’état de la province, en janvier, le premier ministre avait annoncé une réforme majeure de tous les fonds de développement économique provinciaux.

Blaine Higgs avait indiqué qu’il allait les uniformiser «afin que toutes les demandes soient évaluées selon les mêmes critères grâce à un guichet unique».

L’opposition officielle y avait vu un signe de la mort imminente du Fonds de développement économique et d’innovation pour le Nord du N.-B. et de celui de la Miramichi, dotés respectivement de 20 millions et de 5 millions $ par année sur six ans et arrivant à échéance le 31 mars 2021.

Blaine Higgs est par la suite resté vague quant à leur sort. Le portrait s’est précisé, vendredi à l’Assemblée législative, lors du passage de la ministre responsable de la Société de développement régional devant le Comité permanent des prévisions de la politique budgétaires.

Andrea Anderson-Mason a été invitée par le libéral Andrew Harvey à expliquer ce qui se passe au juste avec les fonds de développement économique.

Elle lui a répondu que six d’entre eux ont récemment révisés, dont ceux réservés au Nord et à la Miramichi, ce qui n’avait pas été fait depuis plusieurs années.

«Nous avons complètement restructuré (les fonds) pour être ouverts, transparents et pour faciliter les choses pour le public. Donc, au lieu d’avoir plusieurs fonds qui ont des conditions et des consignes plutôt mêlantes, nous avons opté pour un plus petit nombre de fonds avec beaucoup plus de flexibilité.»

La députée de Fundy–Les-Îles–Saint-Jean-Ouest a affirmé que tout l’argent qui est consacré aux programmes en ce moment sera redistribué dans les nouvelles initiatives.

«Le nombre total (de dollars) va rester le même. Ça va simplement être plus ouvert, transparent et accessible aux gens de la province qui en ont besoin.»

Andrea Anderson-Mason a aussi indiqué que les nouveaux fonds n’auront pas de date d’échéance. Ceux du Nord et de la Miramichi doivent arriver à échéance le 31 mars 2021, soit à la fin de l’année financière en cours.

La ministre a longuement parlé des lacunes de ces fonds qu’elle a découvertes depuis son entrée en poste en novembre 2018.

Elle a notamment expliqué comment le fonds du Nord cible toute la région, alors tous ses secteurs ne font pas face aux mêmes défis. Elle a cité en exemple le taux de chômage, qui était beaucoup plus élevé dans le Nord-Est que dans le Nord-Ouest avant la pandémie.

«Comme on le sait, le Nord-Est a le plus haut taux de chômage de la province. Avant la COVID-19, il était de 12,7%. Il semble que les besoins dans le Nord-Est sont différents que ceux du Nord-Ouest.»

Elle a indiqué que certaines communautés rurales d’ailleurs dans la province, dans le Centre et le Sud-Ouest par exemple, auraient elles aussi besoin d’aide.

Lors des consultations effectuées dans le cadre de cette réforme, on lui aurait dit que le Nouveau-Brunswick n’est pas divisé entre le Nord et le Sud, mais plutôt entre les régions rurales et les régions urbaines.

«Nous avons développé un programme qui va cibler les régions rurales du Nouveau-Brunswick. Nous n’allons pas ignorer le Nord, nous allons juste changer nos fonds afin de mieux répondre aux besoins des Néo-Brunswickois.»

Le Nouveau-Brunswick «ne se limite pas à un triangle»

La députée de Baie-de-Miramichi-Néguac, la libérale Lisa Harris, a réagi fortement à ces informations. À l’Assemblée, elle s’est adressée à la ministre Anderson-Mason pour lui dire le fond de sa pensée.

«Nous avons une province qui ne se limite pas à un triangle», a-t-elle dit. Il s’agissait d’une référence au triangle formé par les trois plus grandes villes de la province – Moncton, Saint-Jean et Fredericton – toutes situées dans le Sud.

Elle a ajouté que le Nord et la Miramichi ont grandement contribué à l’économie du Nouveau-Brunswick, mais qu’ils font aujourd’hui face à d’importants défis et qu’ils ont grandement besoin d’un coup de pouce.

«Peu importe comment vous déplacez les fonds, quand vous prenez quelque chose qui s’appelle le fonds de la Miramichi ou le fonds du Nord, c’est considéré comme une coupure. C’est malheureux de voir qu’il semble que la Miramichi et le Nord ne comptent pas aux yeux de ce gouvernement.»

Lisa Harris, d’un ton on ne peut plus ferme, a invité la ministre à ne pas ignorer ces deux régions lorsqu’elle prend de décisions.

«Il faut réaliser que vous ne pouvez pas appliquer le même cadre à l’ensemble de la province et qu’il y a des besoins spécifiques (dans le Nord et la Miramichi).»